Le gouvernement chinois a annoncé il y a quelques jours, un ajustement majeur de ses droits de douane sur la viande de porc importée. Ce qui marque un tournant important dans un dossier commercial sensible qui avait suscité de vives inquiétudes au sein des exportateurs européens.

Après une enquête antidumping de 18 mois relative aux importations de porc et de produits dérivés en provenance de l’Union européenne, Pékin avait initialement publié des taux provisoires très élevés allant jusqu’à 62,4 %. C'était en septembre dernier, dans le cadre de tensions commerciales bilatérales avec Bruxelles. 

Ces surtaxes visaient à contrer ce que la Chine avait décrit comme des pratiques de dumping, où les produits étaient vendus à des prix inférieurs à leurs coûts de production. Ce qui cause selon Pékin un : « préjudice important » à l’industrie intérieure. 

RETOUR EN ARRIÈRE...

Cependant, face aux réactions du secteur exportateur européen et aux pressions diplomatiques, l’exécutif chinois, a finalement décidé de réduire significativement les taux finaux de ces droits de douane. 

Dans sa décision finale, publiée mardi, le ministère du Commerce a fixé les nouveaux taux entre 4,9 % et 19,8 %, bien en dessous des niveaux provisoires précédents. Cette baisse s’appliquera pour une période de cinq ans à compter du 17 décembre 2025. 

Selon les autorités chinoises, ces ajustements reflètent une décision objective, équitable et impartiale à l’issue de l’enquête, tout en tenant compte des réalités du marché et des efforts diplomatiques avec l’UE. 

...ET BONNE NOUVELLE EN EUROPE 

Cette annonce a été accueillie avec soulagement par les producteurs européens, notamment en Espagne, aux Pays-Bas et au Danemark, qui avaient vu leurs perspectives commerciales se détériorer fortement lors de l’imposition des taux provisoires.

L’Espagne, en particulier, a été placée dans la tranche la plus basse de ces nouveaux tarifs, ce qui limite ainsi l’impact négatif sur ses exportations. Des voix au sein de la filière française ont également salué cette décision comme un signe positif, même si les droits restants continueront d’exercer une pression sur des marchés déjà fragilisés par la baisse des prix à l’échelle mondiale. 

L’enquête chinoise avait été déclenchée en réaction à des mesures prises par l’Union européenne, qui avait imposé ses propres droits de douane sur certains produits chinois, comme les véhicules électriques. Le dossier du porc s’inscrit donc dans un contexte plus large de tensions commerciales entre Pékin et Bruxelles, tout comme entre la Chine et d’autres partenaires économiques mondiaux. 

Pour les analystes, cette décision de réduire les taux finaux reflète non seulement une volonté de calmer les tensions commerciales, mais aussi une prise en compte des besoins alimentaires internes de la Chine, où le porc reste la viande la plus consommée et stratégiquement importante pour l’inflation alimentaire et la politique sociale.

Djamiou ISSIAKOU depuis la Chine (Retrouvez-nous 3 fois par semaine pour la Chronique Chine) 

L'Afrique en marche du 8 février 2026 No 1112