L'expansion des réseaux criminels chinois, initialement basés en Asie du Sud-Est, se propage désormais en Afrique. Certains experts qualifient ces fléaux en Afrique de nouvelles frontières pour ces "usines à arnaque". Face à cette menace, la Chine et les autorités africaines intensifient leur coopération pour démanteler ces centres de cyberfraude.
Après avoir sévi en Birmanie où des milliers de personnes, ont été séquestrées pour mener des arnaques en ligne, les syndicats du crime chinois s'installent sur le continent africain.
NIGERIA COMME ÉPICENTRE
Le pays de Tinubu est identifié comme un centre majeur pour les cyber-escroqueries opérées par des réseaux chinois en Afrique.
Comme mode opératoire, les malfaiteurs utilisent de fausses annonces d'emploi pour attirer des locaux, qui sont ensuite formés pour frauder des victimes à l'échelle mondiale.
Au titre de la coopération et de la répression, les autorités ont lancé plusieurs opérations de grande envergure pour freiner ce fléau.
Récemment, on peut citer l'opération "Red Card 2.0 (février 2026), coordonnée par Interpol, avec une action menée dans 16 pays africains, qui a abouti à l'arrestation de 651 individus et à la récupération de 4,3 millions de dollars.
Avant cette opération d'Interpol, il y a les arrestations ciblées en janvier 2025, grâce à la Commission nigériane des crimes économiques et financiers (EFCC).
Cette structure a permis d'arrêter quatre ressortissants chinois et plus de 100 complices impliqués dans des arnaques aux avis d'hôtels.
ENGAGEMENT CHINOIS
En mars 2026, la Chine a réaffirmé sa volonté d'intensifier la lutte contre les fraudes aux télécommunications en ciblant spécifiquement les refuges des gangs criminels à l'étranger, donc également en Afrique.
En effet, la lutte s'organise également via des structures de coopération régionale. On peut citer Afripol, une agence qui collabore étroitement avec Interpol via des opérations comme "Cyber Surge Afrique" pour renforcer les capacités d'enquête et le partage d'informations sur le continent avec les dispositifs de sécurité renforcés.
Les résolutions du Forum sur la coopération sino-africaine prévoient un soutien accru de la Chine à la formation en cybersécurité et à la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.
L'engagement du gouvernement de Pékin, va-t-il décourager les ressortissants chinois d'endiguer ce fléau ?
Djamiou ISSIAKOU
L'Afrique en marche du 18 mars 2026 No 1140

