Par Sylvestre Wa DONDO

Le Sénégal a été déchu de son titre de Champion de la Can 2025. La couronne continentale a été attribuée au Maroc. Ce 17 mars 2026 ne restera-t-il dans les annales comme le jour où la CAF a inventé le "football de bureau"?

Entre ironie et satire, on a du mal pour souligner l'absurdité d'une telle décision, une sorte d'alchimie de la Caf.

Ce 17 mars, le papier a remplacé le cuir. Dans un élan de génie administratif qui fera date dans l’histoire de l’absurde, la Caf vient de réaliser le plus grand tour de magie du siècle. 

D’un simple coup de tampon, les buts marqués à la sueur du front sur le gazon sénégalais se sont évaporés, transmutés en trophée doré par la grâce souveraine des couloirs feutrés du Caire.

Loin de saluer cette prouesse, il faut en rire.  Après cette finale du 18 janvier dernier, après les tacles glissés et la ferveur populaire, c'est une décision prise entre le café et le dessert pour redéfinir la réalité.

DÉCISION INÉDITE 

Le Sénégal, coupable d'avoir gagné sur le terrain, apprend ce 17 mars que le talent est une variable ajustable et que le mérite est une notion soluble dans l'encre des commissions.

Le Maroc hérite donc d'une couronne "prêt-à-porter", livrée par coursier express sans avoir besoin de lacer ses crampons. C'est l'ère du football post-moderne. Le score s'affiche sur les formulaires de réclamation avant de s'écrire au tableau d'affichage.

Après tout, à quoi bon courir après un ballon quand on peut simplement réécrire l'histoire avec un stylo-bille ?

La Caf vient d'innover pour cette leçon de géométrie variable. Là où le monde entier voit un champion, elle seule parvient à voir une erreur administrative.

Cette décision de la Caf est une ironie mordante et absurde. Non, Dakar ne doit pleurer. Rabat ne doit non plus jubiler, car la logique s’est suicidée.

C’est le séisme que personne n’attendait, sauf peut-être ceux qui croient encore que le VAR est piloté par des intelligences extraterrestres. 

C'est malheureux qu'une telle décision comme un "décret" imaginaire prive les "Lions de la Teranga" du Sénégal de son titre pour abus de supériorité et port illégal de sourires trop conquérants.

Et que dire de la couronne attribuée au Maroc ? Par un tour de magie dont seul le football africain a le secret, le trophée quitte les mains de Sadio Mané pour rejoindre celles des "Lions de l'Atlas". 

À ce rythme, la prochaine Coupe d'Afrique ne se jouera plus sur gazon, mais dans une salle d'audience avec des avocats en short. Le Maroc devient donc champion... par correspondance, car entre-temps, le penalty manqué par le Maroc est dû au thé sénégalais, boisson énergétique interdite.

Bref, le foot africain est formidable. On gagne sur le terrain, on perd à la clim’, et à la fin, c’est le destin (ou un obscur paragraphe du règlement) qui décide.

Avec cette décision, le football africain ne progresse pas, mais désormais très loin au-dessus du bon sens. Demain, pour plus d'efficacité, nous suggérons à la Confédération africaine de football de supprimer les stades et que les salles de réunion climatisées suffiront largement. 

L'Afrique en marche du 18 mars 2026 No 1140