L'Editorial de Murielle MENSAH 


L'école béninoise se retrouve au centre des bilans et des débats à l'heure où Patrice Talon préside la dernière rentrée scolaire de sa décennie. Que peut-on retenir du réformateur par rapport au secteur éducatif? Entre efforts structurels et défis persistants, peut-on nourrir d'espoirs pour l'école béninoise? 

À l'entame, ce lundi 15 septembre 2025, nous souhaitons une bonne rentrée à tous ses acteurs de l'école béninoise.

Cette rentrée a une charge importante, car Patrice Talon fait ses adieux à l'école. C'est la dernière rentrée scolaire de sa gouvernance. Que retenir des acquis, défis et perspectives après 10 ans du guide de la "Rupture"?

En effet, avec lui, le secteur éducatif a connu des avancées pour améliorer la qualité de l’enseignement et moderniser le système éducatif. 

Parmi elles, mon coup de cœur personnel est relatif à l'innovation dite  "Educmaster". Cette dernière a inéluctablement désarticulé les labyrinthes de transferts d'élèves. Le cash ne peut plus acheter le bulletin scolaire. 

Les projecteurs du réformateur Talon ont séché un trafic qui nourrissait très bien ses acteurs entre élèves, parents et responsables d'établissement. 

Au-delà, l’introduction progressive du numérique éducatif et de nouvelles méthodes pédagogiques sont à saluer.


   UNITÉS DE VALEUR...

On peut également citer la gratuité maintenue au primaire et progressivement élargie à certains niveaux du secondaire. 

La réorganisation de la carte scolaire qui a dans une certaine mesure réduit les inégalités d’accès, la rationalisation des effectifs enseignants sans oublier la lutte contre l’abandon scolaire des filles sont des points à noter.

Et les spécialistes du système éducatif n'hésitent pas à dire que ces mesures ont permis une augmentation du taux de scolarisation et une meilleure couverture des zones rurales, même si des disparités persistent.

En dépit des avancées, des défis persistent. Il y a le manque persistant d’enseignants qualifiés, la précarité des contractuels et l’insuffisance des équipements pédagogiques modernes. 

Dans un pays en plein boom, la faible adaptation des programmes aux réalités économiques et sociales du pays continue d'influencer négativement le système éducatif.

Après 10 années de réformes de l’ère Talon, l'école béninoise doit poursuivre la réflexion pour relever les défis du XXIᵉ siècle.

L'intégration effective du numérique doit être l'une des priorités sans oublier la consolidation du financement durable du secteur.

Face aux défis du marché de l'emploi, le renforcement de l’enseignement technique et professionnel doit être un impératif. La formation continue des enseignants doit être un voisin de palier sur le diapason des priorités.

L'école béninoise doit devenir un véritable moteur de développement. Avec la décennie Talon, s'il y a des acquis, que le prochain locataire de la Marina commence par retrousser ses manches, car beaucoup reste à faire.


lafriqueenmarche du 15 septembre 2025 No 1004