Au nom de son importance en que tant passage clé du commerce mondial, car assurant le trafic d'environ 20 % du pétrole mondial, le détroit d'Ormuz continue de faire l'actualité depuis le 28 février dernier. Depuis lors, le consommateur africain n'est pas épargné.

Le détroit d'Ormuz quand il est perturbé (fermeture, menace, tensions), le marché anticipe une rareté future du pétrole et se grippe.

Ce qui engendre un choc géopolitique local qui produit des effets globaux en chaîne. C'est le cas depuis le 28 février dernier.

En effet, depuis cette date relative au début des hostilités entre l'Iran face aux USA et Israël, plus personne ne peut ignorer le rôle stratégique de ce détroit.

Depuis cette date, les prix du pétrole montent sur les marchés internationaux (effet d’anticipation, pas seulement de pénurie.

EFFET DOMINO DANS LE MONDE ET EN AFRIQUE 

En Afrique, même les pays qui n’importent pas directement via Ormuz, ont connu une flambée de prix, car le pétrole est un marché mondial unique.

En effet, quand le prix international augmente, tous les pays subissent une hausse des coûts d’importation.

Ainsi, les distributeurs officiels augmentent les prix à la pompe. Et comme les États ont peu de marge sauf à subventionner (ce qui coûte cher), le consommateur est pris au dépourvu.

Il ne peut en être autrement, car le transport a un coût transversal. Quand il augmente, les denrées alimentaires deviennent plus chères, les matériaux augmentent, les services suivent. C’est ce qu’on appelle une inflation importée par les coûts.

Trois mécanismes importants justifient cette hausse.

Il y a d'abord le choc mondial sur une ressource stratégique.

Ensuite, on a la transmission rapide via les marchés globalisés. Enfin, il faut mettre en exergue la propagation interne par les coûts de transport et les anticipations

Ce phénomène révèle une faiblesse structurelle nationale dans les pays africains.

Ces derniers sont confrontés à la dépendance énergétique, à l'absence d’autonomie locale, et la forte exposition aux chocs extérieurs.

De ce fait, chaque crise internationale se traduira par une hausse du coût de la vie chez nous en Afrique à cause  de l'élan à effet opportuniste.

Face à cette situation, les décideurs africains ne doivent plus attendre  pour anticiper par rapport aux perspectives pour inverser la tendance au tout pétrole qui nous étrangle à chaque crise internationale. 

Stanislas KPADÉ 

L'Afrique en marche du 10 avril 2026 No 1155