L'Editorial de Titus FOLLY 


D'Abidjan, Hugues Sossoukpè est désormais à Ouidah. Au début, par la voie terrestre, le circuit aérien, le lac Ébrié de la capitale ivoirienne, on était inquiet. Finalement, ses avocats de Hugues Sossoukpè ont annoncé la bonne nouvelle qui dissipent les nuages amoncelés. En attendant la justice, quelles sont les leçons de ce dossier?  Analyse dans l'exercice de L'Editorial du jour.

On entend les oiseaux de Ouidah chanter. Au zéphyr de leurs chants doux et légers, on a finalement cette bonne nouvelle de la localisation de notre confrère Hugues Sossoukpè.

Après les douleurs d'Abidjan pour Hugues Sossoukpè, ses avocats ont permis à l'opinion de savoir qu'il est désormais dans les mailles à Ouidah. À partir de là, se dresse dorénavant la cour d'honneur de la procédure judiciaire. 

Disparu dans les "splendeurs" d'Abidjan non loin des lisières du lac Ébrié le 10 juillet dernier, on peut dorénavant croiser les doigts pour lui. De l'informel, on est passé à un encadrement formel. 

Il faut condamner l'attirail mis en branle pour parvenir à la flottille d'Abidjan. Il faut aussi apprécier le retour à l'encadrement formel du dossier "Sossoukpè" après les labyrinthes. On compte sur la justice de notre pays pour dire le droit.

À chaque fois qu'un confrère disparaît en Afrique dans les conditions rocambolesques, il faut croiser les doigts et souhaiter un encadrement légal. 

C'est tout notre souhait pour mon confrère Habib Marouane Camara, introuvable depuis bientôt un an, après avoir été kidnappé par des "officines" à la Salvatore Riina, Bernardo Provenzano ou Matteo Messina...dans les rues de Conakry.


DES VÉRITÉS, MES VÉRITÉS...

Hugues Sossoukpè est un jeune frère que j'admire depuis qu'il faisait classe à L'Ecole supérieur de journalisme de Lille en France. C'est un ami qui faisait partie de ses professeurs dans ce célèbre lieu de savoir français, qui m'a révélé son abnégation pour l'avenir de notre métier. 

Après sa formation et aux confluents de la profession, il a été souvent l’exemple qui élève dans un Bénin qui jure d'avancer dans le concert des Nations en vainqueur en tout lieu. Qu'il en soit remercié pour ce qu'il a apporté à la presse béninoise.

Devenu un homme d’influence, il a cependant commis quelques erreurs. La première, c'était le 18 avril dernier, au lendemain de la 2 ème attaque jihadiste contre l'armée de notre pays. 

Le fait d'avoir annoncé le nombre de morts a ébranlé la troupe. C'est mon avis. Quand on a la primeur d'une information si sensible, l'expérience de guetteur devrait permettre de la sublimer autrement sans fragiliser les arrières.

L'autre, c'est sa présence à Abidjan. Son séjour dans la capitale ivoirienne révolte aujourd'hui ses proches quand ils entendent que : «tu as fait toutes les vérifications nécessaires quant à l’authenticité des documents...». C'est un gros charabia, à l'heure des escarmouches, guet-apens et autres dans le cadran de la vie et de la lutte contre l'insécurité.

Feu Sennen Andriamirado, notre aîné dans le métier désormais dans les cèdres de l'Orient et qui a fait les beaux du Magazine "Jeune Afrique", a laissé pour notre postérité : « Quand vous êtes populaire dans ce métier, on ne va pas partout. On ne répond pas à toutes les invitations.». 

Hugues, dans ces circonstances difficiles, tu as mon soutien. Il le faut surtout en ce moment où les vagues d'indignation déferlent dans le monde entier pour titiller ma conscience. Que de coups de fil, de messages et autres depuis ton kidnapping. 

Je suis Titus FOLLY, objecteur de conscience depuis mon jeune âge. Je suis et je resterai un digne héritier de mon géniteur, le professeur Théodore Folly.

Au tribunal de l'histoire, pourquoi veut-on me demander des comptes  du fait des présumés agissements de certains? Les liens familiaux n'étiolent pas les legs de chacun, l'éducation de chacun. Moi Titus, je resterai ni traitre, ni félon, chaque jour, aux rayons du soleil d'amour et des heures bénies de notre vie terrestre.

Si les informations qui déferlent depuis le 10 juillet dernier, mettant en cause la confraternité dans la presse béninoise sont vraies, il urge que les journalistes béninois ne soient pas des "loups" pour leurs confrères. 


lafriqueenmarche du 14 juillet 2025 No 953