À Sharm el-Sheikh en Égypte, une vingtaine de chefs d’État s'est réunie ce 13 octobre 2025. C'est un sommet diplomatique de très haut niveau, centré sur le conflit à Gaza.
Le sommet est co-présidé par le président égyptien, Abdel Fattah el-Sissi et Donald Trump. Il se déroule dans la station balnéaire de Sharm el-Sheikh, sur la mer Rouge.
Outre Donald Trump et Emmanuel Macron présents, on peut citer le premier ministre britannique, Keir Starmer, la premier ministre italien, Giorgia Meloni, celui espagnol, Pedro Sánchez, ainsi que d’autres dirigeants des nations arabes, sans oublier le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
TRUMP : FEUILLE DE ROUTE...
Objectif de ce sommet, tenter de sceller une feuille de route destinée à mettre fin aux hostilités, organiser la reconstruction et jeter les bases d’un règlement durable relativement à l'avenir de Gaza.
Donald Trump affirme que l’objectif est d’acter un accord pour mettre fin à la guerre à Gaza, renforcer les efforts de paix au niveau régional et instaurer une nouvelle phase de stabilité au Moyen-Orient.
Ce sommet renforce un contexte de cessez-le-feu et de retour de la population de Gaza.
Ce sommet intervient juste après un accord de cessez-le-feu conclu il y a quelques jours, à l’issue de négociations intenses entre les parties, avec l’Égypte, le Qatar, la Turquie et les États-Unis comme médiateurs.
Cette trêve prévoit notamment le retrait partiel des forces israéliennes de plusieurs zones de Gaza, l’ouverture de points de passage pour l’aide humanitaire et l’échange de prisonniers/otages.
Dans ce contexte, des milliers de Palestiniens déplacés doivent retourner vers le nord de la bande de Gaza, malgré la situation toujours précaire et la destruction massive des infrastructures.
Les autorités de Gaza rapportent qu’au-delà des 67 000 personnes qui ont péri depuis le début du conflit et des milliers de disparus, ce sommet concrétise des enjeux diplomatiques.
D'abord, Donald Trump en dépit de la non attribution du Prix Nobel de la paix ce 10 octobre, repart en trombe pour postuler au même prix en 2026.
Ensuite, le sommet représente pour l’Égypte une occasion de renforcer son rôle de médiateur régional, tout en consolidant son influence diplomatique dans le dossier palestinien.
Pour l’Égypte, réussir ce sommet consistera à allier diplomatie, pragmatisme et crédibilité. Le défi est immense, mais l’enjeu l’est tout autant.
Il s'agira de donner à Gaza une chance de paix durable, loin du cycle de violence qui la victimise depuis trop longtemps.
...HANDICAPS EN VUE
Toutefois, de nombreux obstacles demeurent. En effet, bien que de nombreuses Nations soient présentes, l’absence d’Israël et de Hamas à ce sommet égyptien pose la question de la légitimité d’un accord sans les parties directement impliquées.
Le plan de paix américain proposé par Donald Trump inclut la démilitarisation de Gaza, un retour sous contrôle international provisoire, la libération d’otages et la gouvernance de transition.
Mais la mise en œuvre d’un tel plan soulève des résistances profondes, notamment du côté de Hamas.
L’aspect reconstruction demeure un défi colossal. Gaza ravagé nécessite des investissements massifs, la coordination internationale, la levée des blocus et la garantie de sécurité à long terme.
La stabilité du cessez-le-feu est fragile, et toute reprise de violences remettrait en cause les progrès diplomatiques.
À L'HORIZON...
Les prochains jours seront cruciaux pour savoir si ce sommet parviendra à dépasser les discours et déboucher sur des engagements concrets.
Avec la feuille de route claire et les mécanismes de suivi, sans oublier le financement de la reconstruction et mandat de sécurité, ce sommet pourrait marquer un tournant. M
L'absence des parties essentielles (Israël et Hamas) pourrait-elle limiter l’impact réel des décisions adoptées?
Radji SANOUSSI
lafriqueenmarche du 13 octobre 2025 No 1025


