Le président chinois Xi Jinping est au Caire. Son séjour en Egypte marque un tournant stratégique majeur dans les relations entre Pékin et le monde arabo-africain.
En choisissant l'Égypte, pivot géopolitique incontournable à la croisée de l'Afrique et du Moyen-Orient, la Chine cherche à consolider son influence dans une région en pleine reconfiguration.
Ce déplacement permet à Pékin de réaffirmer son soutien politique au régime égyptien tout en renforçant sa posture de puissance alternative face à l'Occident.
Pour Le Caire, cette alliance renforcée offre une marge de manœuvre diplomatique précieuse et un soutien de poids dans la défense de ses intérêts régionaux, notamment sur les questions de sécurité et de stabilité en Méditerranée et en mer Rouge.
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Sur le plan économique, cette rencontre cristallise des ambitions de grande envergure centrées sur les infrastructures et le commerce.
L'Égypte occupe une place de choix dans le projet chinois des Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative), notamment grâce au canal de Suez, artère vitale du commerce maritime mondial.
Les discussions bilatérales visent à injecter des capitaux chinois massifs dans la zone économique de ce canal, ainsi que dans les secteurs industriels, énergétiques et technologiques égyptiens.
En retour, l'Égypte espère que ces investissements stimuleront sa croissance nationale, moderniseront son appareil productif et réduiront son déficit commercial grâce à l'accès élargi au marché asiatique.
Au-delà des bénéfices immédiats, cette visite s'inscrit dans une dynamique de long terme visant à remodeler l'ordre économique mondial.
L'intégration récente de l'Égypte au sein des BRICS+ renforce cette convergence d'intérêts pour s'affranchir de la dépendance exclusive au dollar américain dans les transactions bilatérales.
Toutefois, ce rapprochement comporte des défis de taille pour Le Caire, qui doit habilement équilibrer ses relations avec son partenaire chinois sans compromettre ses alliances historiques avec les États-Unis et l'Union européenne.
Les retombées de cette visite définiront ainsi la capacité de l'Égypte à capitaliser sur la rivalité des superpuissances pour asseoir sa propre prospérité économique.
Ibrahim DIALLO
lafriqueenmarche du 3 septembre 2026 No 1250

