Il y a 70 ans, à Paris, des intellectuels noirs venus d’Afrique et de la diaspora sur invitation de Alioune Diop, se réunissaient pour parler d’une chose essentielle : la dignité, la culture et la liberté des peuples noirs.

Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon, Édouard Glissant, Richard Wright, James Baldwin, Amadou Hampâté Bâ, Jean Price-Mars, Jacques Rabemananjara, Paul Hazoumé, Marcus James, Will Mercer Cook, Louis-Thomas...

étaient réunis à l'amphithéâtre "Descartes" de la Sorbonne.

Ce lieu illustre a donc  accueilli le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs. C'était du 19 au 22 septembre 1956.

Cette rencontre a été organisée à l’initiative du Sénégalais Alioune Diop, fondateur de la revue "Présence Africaine". 

Une soixantaine de délégués venus d’Afrique, des Caraïbes, de Madagascar et des Amériques ont participé à cette rencontre historique.

DU BEAU MONDE

Outre Alioune Diop, on y retrouvait Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta Diop, et Frantz Fanon.

Édouard Glissant, Richard Wright, James Baldwin, Amadou Hampâté Bâ, Jean Price-Mars, Jacques Rabemananjara, Paul Hazoumé et Marcus James étaient là.

On y retrouvait également Will Mercer Cook, Louis-Thomas Achille, Jacques Stephen Alexis, ainsi que de nombreux autres écrivains, artistes et intellectuels.

D’autres grandes figures étaient également associées à l’événement, notamment Joséphine Baker, Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso et Claude Lévi-Strauss. Picasso avait d’ailleurs réalisé l’affiche du congrès.

UNE RENCONTRE HISTORIQUE

Des femmes et hommes noirs venus de plusieurs continents prennent la parole dans l’un des hauts lieux du savoir occidental.

Ils ne viennent pas demander la permission d’exister.

Ils viennent parler de leur histoire, de leur culture et de leur place dans le monde.

Les débats portent notamment sur la culture noire, le racisme, la colonisation, les héritages de la traite et les moyens de préserver et développer les cultures des peuples noirs. 

Un peuple qui protège sa culture protège une partie de son identité.

Et un peuple qui produit sa propre pensée refuse de laisser les autres penser à sa place.

La Sorbonne n’a pas seulement accueilli un congrès. Elle a accueilli une génération qui voulait faire entendre la voix du monde noir.

L'INITIATEUR DE CE RENDEZ-VOUS ET DES CONTRIBUTIONS INDÉNIABLES

Alioune Diop voulait notamment faire reconnaître la richesse des cultures noires et leur contribution à la culture universelle.

À ce rendez-vous, de nombreux thèmes ont été présentés. Le 20 septembre, Frantz Fanon intervient sur le thème "Racisme et culture", tandis qu’Aimé Césaire développe sa réflexion sur "Culture et colonisation". Léopold Sédar Senghor intervient sur la civilisation et les cultures négro-africaines, tandis qu’Amadou Hampâté Bâ parle de culture peule.

Ce congrès n’était donc pas une simple réunion d’écrivains.

C’était une prise de parole collective.

Une génération d’intellectuels affirmait que les peuples noirs possédaient des cultures, des histoires, des philosophies et des créations dignes d’être étudiées, préservées et reconnues dans l’histoire universelle.

Et surtout, ces hommes et ces femmes posaient une question qui demeure profondément actuelle :

Comment construire une véritable liberté lorsque l’on continue de mépriser sa propre histoire et sa propre culture ?

Le congrès de 1956 appartient désormais à l’histoire.

Mais son message demeure. Un peuple qui connaît son histoire comprend mieux sa place dans le monde.

Le désir de ses intellectuels de prendre en mains leur destin traduit une promesse suprême contre la sombre vallée où la terreur n'a plus sa place. 

La suite, sous l'impulsion de Cheick Anta Diop, a permis l'aube matinière qui luit jusqu’aux beaux jours.

Ibrahim DIALLO correspondant en France 

L'Afrique en marche du 28 septembre 2026 No 1260