Un nouveau gouvernement, une dissolution ou la "disjonction" du président...entre ces trois cartes, quelle sera l'option de Macron ?
La démission express du premier ministre, Sébastien Lecornu, quelques heures seulement après la formation de son gouvernement, propulse la France dans une crise politique majeure. Le président Macron, dont le mandat court jusqu’en 2027, se retrouve face à un dilemme aux risques calculés. Que fera-t-il ?
Emmanuel Macron va-t-il nommer un nouveau premier ministre, dissoudre l’Assemblée nationale ou, option radicale, envisager sa propre démission?
TROIS CARTES POUR MACRON DONT LA 1ÈRE...
Face à l'impasse, Emmanuel Macron peut nommer un nouveau premier ministre (et un gouvernement plus consensuel)
C’est, en apparence, l’option la moins spectaculaire, mais la plus "classique" dans le régime semi-présidentiel français.
Macron a donc la possibilité de reconfigurer l’exécutif, de tenter une coalition élargie, et de redonner une nouvelle impulsion politique.
C'est le moindre risque institutionnel pour Macron. Celui-ci n'a pas besoin de convoquer des élections coûteuses ni de bouleverser le calendrier national.
Il suffit de trouver une nouvelle personnalité qui pourrait avoir plus de chances de rassembler l’opposition modérée (socialistes, centristes) autour d’un compromis et le tout est joué.
Cependant, dans un Parlement fragmenté où aucun bloc ne dispose d’une majorité claire, le nouveau gouvernement pourrait être aussi fragile que le précédent.
L’opposition de gauche ou de droite pourrait toujours déposer une motion de défiance si les annonces ne les satisfont pas.
Si le nouveau gouvernement n’apporte pas de modifications nettes par rapport à l’ancien, l’usure politique pourrait se poursuivre.
...LÉGISLATIVES ANTICIPÉES ?
Dans un 2 ème cas de figure, Emmanuel Macron peut opter pour la dissolution de l’Assemblée nationale et les élections législatives anticipées
La Constitution le permet (article 12), mais c’est une carte à double tranchant. Macron a déjà pris ce risque en 2024. Le résultat fut contre-productif.
Le président français peut bel et bien tenter de redessiner la configuration du Parlement selon les forces du moment.
Si le RN ou la gauche émergent, car mieux placés, le nouveau paysage pourrait faciliter des alliances.
Si Macron opte pour les législatives anticipées, il offrira un confortable matelas au Rassemblement National, déjà en tête dans de nombreuses enquêtes. Ce qui donnera au RN, une chance d’accéder au pouvoir législatif.
Macron pourrait perdre toute marge de manœuvre, en particulier si son propre camp subit une lourde défaite.
Le temps des élections (campagne, recomposition, formation d’un gouvernement) pourrait laisser le pays en léthargie, fragilisé dans ses décisions économiques et sociales, notamment le budget 2026.
En cas de défaite, Macron pourrait être contraint à un gouvernement de cohabitation ou à accepter un premier ministre hostile.
LAISSER LES CLÉS DE L'ELYSÉE...
Le dernier cas de figure pour Emmanuel Macron c'est sa démission ou remettre en cause son propre mandat
C’est l’option extrême, peu probable dans l’immédiat, mais qu’il faut considérer dans le scénario maximaliste. Macron a toujours exclu cette voie jusqu’à présent, affirmant vouloir achever son mandat.
Quels seront les scénarios possibles en cas de démission volontaire ou “responsable” si la crise politique devient insoutenable?
Emmanuel Macron peut demander l'élection présidentielle anticipée (mais cela suppose des circonstances graves et une décision constitutionnelle lourde).
... ET SE RETIRER ?
Macron peut aussi surfer sur le transfert partiel du pouvoir. Dans ce cas, il se retirera des affaires quotidiennes tout en gardant le titre. Cela serait inédit et sera perçu comme une faiblesse politique.
Une démission ouvrirait une crise institutionnelle profonde, dans un contexte déjà fragilisé.
Macron perdrait toute légitimité politique dans l’intervalle, laissant le pays à des forces de droite ou de gauche plus structurées.
Cela pourrait rejaillir sur la crédibilité de sa famille politique, alors même qu’il lui reste des heures à jouer d’ici 2027.
Mais avant, tout dépendra du succès (ou de l’échec) des négociations que Lecornu est chargé de conduire dans les 48 heures, et de la capacité du nouveau gouvernement à proposer un programme convaincant avant qu’un vote ne puisse l’emporter.
À ce stade des chroniques, la carte du nouveau gouvernement semble la plus plausible Ainsi, Macron tentera de limiter les dégâts sans trop rompre avec la continuité.
L’option d’élections anticipées paraît risquée, car le RN, en position favorable, pourrait en profiter.
La démission du président, elle, demeure un scénario extrême, peu souhaitable politiquement et peu cohérent avec son positionnement jusqu’à présent.
Aurélie SIDONIE correspondance particulière depuis la France
lafriqueenmarche du 7 octobre 2025 No 1022

