Le président John Dramani Mahama du Ghana a organisé un sommet à Accra en fin janvier dernier. À Cette réunion qui a rassemblé six pays de la CEDEAO et les trois de l'AES, le président ghanéen a abordé une problématique intéressante, celle de lutter contre le terrorisme par la certification des minerais.
Sous la présidence de John Dramani Mahama, le sommet d'Accra (notamment via la Conférence consultative de haut niveau sur la coopération régionale et la sécurité s'est tenue fin janvier 2026.
Cette réunion a rassemblé neuf pays (six de la CEDEAO et trois de l'AES, avec la participation des ministres de la Défense et des chefs d'état-major, a marqué une étape cruciale pour un grand projet de stabilité face au terrorisme en Afrique de l'Ouest.
Après avoir fait l'analyse relative à la sécurité en Afrique de l'ouest, cette réunion a décidé de concentrer les efforts sur la crise de fragmentation régionale contre le terrorisme.
Pour le président ghanéen, gagner cette bataille contre le terrorisme, la réunion d'Accra veut miser sur l'impératif d'unité.
Pour lui, pour finir avec la fragmentation entre voisins de la CEDEAO et AES, fragmentation qui affaiblit la réponse régionale au terrorisme et à l'extrémisme violent, il faut l'unité sécuritaire pour un front uni entre les États de la CEDEAO et ceux de l'Alliance des États du Sahel (AES).
La réunion d'Accra veut que l'urgence de réactiver des mécanismes collectifs soit désormais de mise.
Selon John Dramani Mahama, en dépit de la souveraineté nationale, la victoire face au terrorisme passe par la conjugaison des efforts entre tous les États de l'Afrique de l'Ouest.
De tels efforts passent selon la réunion d'Accra par des patrouilles mixtes, le partage d'informations et le droit de poursuite des groupes terroristes quand ils tentent de se replier vers un autre pays.
Sans ces efforts conjugués pour contrer la propagation du terrorisme vers le sud surtout les pays côtiers de Golfe de Guinée, l'efficacité sécuritaire ne doit être compromise par des tensions politiques et de l'émergence de nouveaux blocs régionaux antagonistes.
Il faut éviter à tout prix la mésentente sur les stratégies et faire de réels premiers pas vers le rétablissement d'un consensus sécuritaire.
RENCONTRE D'ACCRA POUR UNE VISION ÉCONOMIQUE
Au-delà des questions strictement militaires, le sommet s'inscrit dans la vision plus large du président Mahama appelée "Accra Reset".
Ce cadre vise à lier la sécurité à la souveraineté économique. Ceci passe par la souveraineté des ressources avec la nécessité de mécanismes de certification pour les minerais afin qu'ils ne financent plus les conflits.
Pour cela, il faut la mise en œuvre urgente du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) pour renforcer l'indépendance économique des PME africaines.
En résumé, l'enseignement majeur est que la sécurité militaire en Afrique de l'Ouest ne soit assurée sans une cohésion politique retrouvée et une intégration économique accrue.
Tout ceci doit dépasser les clivages entre la CEDEAO et les États sahéliens de l'AES. En effet, selon des experts de la CEDEAO, c'est la première fois qu'une réunion parle de la lutte contre le terrorisme et la certification des minerais. Il urge que les bonnes résolutions prises à Accra ne restent lettre morte comme d'habitude.
Koffi TETEY correspondant au Ghana
L'Afrique en marche du 23 février 2026 No 1122


