EAU, Qatar, Koweït, Bahreïn, sont les hubs mondiaux aériens du Golfe qu'on ne présente plus. Malheureusement, ils sont contraints au mode ralenti avec le conflit en Iran.
Voici quelques principaux aéroports pour chaque pays, classés selon leur importance en termes de trafic passagers et d'infrastructure.
EMIRATS ARABES UNIS (EAU), on a l'Aéroport international de Dubaï (DXB). C'est le plus grand du pays et le premier au monde pour le trafic de passagers internationaux.
On a aussi l'Aéroport international Zayed (AUH). Il est situé à Abou Dhabi, c'est le deuxième plus grand hub des Émirats. Aéroport International Al Maktoum (DWC). C'est un projet d'envergure destiné à devenir le plus grand aéroport du monde à terme.
AU QATAR, on a l'Aéroport international Hamad (DOH)..L'unique aéroport commercial majeur du pays, régulièrement élu parmi les meilleurs au monde.
AU KOWEÏT, on doit évoquer l'Aéroport international de Koweït (KWI). C'est le hub principal du pays, qui dispose de plusieurs terminaux pour absorber la croissance du trafic.
AU BAHREÏN, il faut mentionner l'Aéroport international de Bahreïn (BAH). Il est situé à Muharraq, il constitue la porte d'entrée aérienne majeure du royaume. En ce début de mars 2026, les hubs aériens majeurs du Golfe et du Moyen-Orient subissent une paralysie sans précédent.
Initialement portés par des prévisions de croissance record pour l'année, ces carrefours mondiaux sont désormais contraints au "mode ralenti", voire à l'arrêt complet, en raison d'une escalade militaire régionale majeure.
Ces terminaux aériens majeurs sont confrontés à la fermeture de leurs espaces aériens. En effet, la situation sécuritaire a entraîné la fermeture coordonnée ou forcée de plusieurs couloirs aériens stratégiques. C'est ainsi qu'aux Émirats arabes unis (EAU) et Qatar, les espaces aériens sont officiellement fermés au trafic civil début mars 2026.
"Qatar Airways", a suspendu toutes ses opérations en attendant une réouverture par les autorités de l'aviation civile.
Au Koweït et Bahreïn, ces deux pays sont également touchés par des fermetures d'espace aérien. Dès lors, ces hubs subissent les contrecoups directs des frappes et des tensions entre l'Iran, Israël et les forces américaines. Jordanie : Bien que certaines sources indiquent qu'elle tente de maintenir son espace ouvert, la situation reste extrêmement précaire et sujette à des fermetures soudaines selon l'évolution des tirs de missiles dans la région.
IMPACT MAJEUR DANS LA RÉGION
Vue partielle de l'Aéroport international de Dubaï (DXB) où de nombreux vols ont été bloqués du fait des menaces de drones.
Plus de 1 500 vols ont été annulés en une seule journée, le 28 février dernier, dès le début des frappes aériennes combinées USA et Israël et la riposte iranienne. Ce qui a paralysé le modèle ultra-centralisé de ces compagnies (Emirates, Qatar Airways, Etihad). Cette situation a eu des conséquences pour les voyageurs et le secteur.
En effet, on assiste depuis le 28 février dernier au blocage de ces "autoroutes du ciel". Ce qui entraîne un chaos logistique mondial :
De ce fait, on assiste aux blocages massifs des dizaines de gros-porteurs (A380, Boeing 777) dans des aéroports tiers, notamment en Amérique du Nord, faute de pouvoir regagner leurs bases dans le Golfe. Quant aux passagers en transit, ils sont des centaines de milliers de voyageurs à se retrouver bloqués dans les terminaux ou dans des pays tiers, les hubs de transit habituels n'étant plus accessibles.
Mieux, d'autres compagnies aériennes ont été contraintes à détourner certaines de leurs trajectoires. Les vols internationaux entre l'Europe et l'Asie doivent emprunter des routes beaucoup plus longues pour contourner la zone de conflit, augmentant les coûts de carburant et les temps de vol. Ce "mode ralenti" forcé est la conséquence directe d'un embrasement régional impliquant des frappes de missiles et des bombardements touchant plusieurs capitales et bases stratégiques (notamment des échanges de tirs).
CRISE OPÉRATIONNELLE
Les hubs aériens du Golfe, autrefois symboles d'une expansion sans limites, traversent en mars 2026 une crise opérationnelle sans précédent. Les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et la Jordanie voient leurs carrefours stratégiques contraints à un ralentissement brutal sous la pression de turbulences géopolitiques majeures.
Ces géants du ciel du Moyen-Orient avec leur modèle ultra-centralisé sont-ils à l'épreuve? La réponse est sans ambiguïté. En effet, le modèle des hubs du Golfe, fondé sur une centralisation extrême des flux mondiaux, vacille face à la fermeture coordonnée ou partielle des espaces aériens.
Le 28 février dernier, date du début des hostilités, plus de 1 500 vols ont été annulés en raison des tensions régionales, affectant directement des compagnies comme Emirates, Qatar Airways et Etihad.
Cependant, signalons un impact régional différencié. Bien que tous soient touchés, la nature des perturbations varie selon les plateformes.
Aux EAU et au Qatar, ces deux géants, piliers du transit entre l'Asie et l'Europe, subissent de plein fouet l'instabilité, avec des restrictions d'espace aérien suite à des échanges de tirs de missiles dans la région.
Au Koweït et au Bahreïn, leurs espaces aériens ont été restreints après avoir été visés par des projectiles, plaçant ces hubs secondaires dans une situation d'insécurité opérationnelle inédite.
Quant à la Jordanie en première ligne géographique, le pays a dû fermer temporairement son ciel pour garantir la sécurité des passagers face aux risques de débordements de conflits voisins.
Ce "mode ralenti" ne se limite pas à la région, mais fragilise toute la chaîne logistique mondiale.
C'est ainsi qu'on a des passagers bloqués (des dizaines de milliers de voyageurs), qui se retrouvent en attente dans les aéroports ou bloqués sur d'autres continents, notamment en Amérique du Nord où de nombreux gros-porteurs sont immobilisés.
Avec ce conflit, quelle sera la vision stratégique que ces pays pourraient envisager pour sécuriser leurs flux aériens? Mieux quel sera l'impact spécifique sur les prix des billets pour les mois à venir ?
Karim MOUFARADJOU correspondance particulière depuis Qatar
L'Afrique en marche du 4 mars 2026 No 1130

