L'armée russe vient de subir une déculottée, après l'opération " Toile d'araignée" orchestrée par l’Ukraine contre l'armée ennemie. Ce coup d’éclat de Kiev constitue un revers cuisant pour Moscou et pourrait bien redéfinir la façon de conduire cette guerre. 

Le président Volodymyr Zelensky en personne revendique la destruction de 41 appareils, essentiellement des bombardiers stratégiques à long rayon d’action comme des Tu-22 et Tu-95 

C'est le 1/3 du potentiel aérien stratégique qui a été ainsi détruit pour un coût de sept milliards de dollars US. On n'a pas de détails relatifs au mode opératoire de ce coup fracassant.

Cependant, le président Volodymyr Zelensky a affirmé qu’il y avait un pilote pour chacun des 117 drones de type FPV qui ont frappé la flotte russe.

Cette attaque est inédite dans les annales de l'aviation militaire. Elle a été menée par des drones explosifs, lancés depuis des camions à proximité immédiate de bases situées pour certaines à plus de 4 000 kilomètres de l’Ukraine. Ces drones ont frappé des avions parqués à ciel ouvert sans protection apparente. 

Cette opération est très  sophistiquée, même si certains spécialistes jurent que les Ukrainiens ont utilisé des algorithmes d’intelligence artificielle pour la reconnaissance d’avions ou le guidage en cas de brouillage des drones.


...ERREUR D'APPRÉCIATION RUSSE ET QUEL LENDEMAIN POUR SA FLOTTE ?


L'opération "Toile d'araignée" au-delà de sa maestria technologique, découle d'une erreur tactique de la part de la Russie. Cette dernière a laissé ses appareils sans protection (sans les abriter dans des hangars). Ce qui aurait fait des dégâts bien moindres.

Les bombardiers russes attaqués sont des avions de l’ère soviétique utilisés pour tirer des missiles de croisière lancés contre l’Ukraine. 

Ce coup tactique contre la flotte russe est un coup sérieux contre les capacités offensives russes. Il faudra beaucoup de temps à la Russie pour compenser ces pertes d’avions également capables de tirer des missiles à tête nucléaire.

Cependant, l'aviation russe va-t-elle cesser sa campagne de bombardements?

En terme de projection, il faut attendre plusieurs semaines pour apprécier l'impact de cette attaque. Il s'agira en guise de fréquence de voir s'il y a une diminution du nombre de sorties ou non de la flotte russe.

Avec des services de sécurité russes qui n’ont pas détecté et empêché le raid ukrainien sans oublier les défenses aériennes incapables de l’endiguer, cette opération de Kiev  montre que la Russie a joué avec le feu malgré sa puissance de feu.

En effet, on ne peut être une puissance nucléaire et que, dans une certaine mesure, ne pas se préoccuper de la protection de sa flotte même si elle jouit d'une profondeur stratégique. On peut comprendre les motivations de cette erreur tactique de la part de Vladimir Poutine.

En effet, l’immensité du territoire russe est un avantage. La Russie est un territoire trop vaste pour que des avions étrangères pensent s'y hasarder.

La Russie a choisi de planquer ses bombardiers à des milliers de kilomètres croyant qu'ils seraient à l’abri.  

Et c'est en cela qu'il faut saluer la maestria de Zelensky qui a su exploiter cette faiblesse tactique pour détruire à  des milliers de kilomètres de sa frontière et du front de la guerre, des avions de guerre ennemis.

Zelensky a fait cet exploit avec simplement des camions non contrôlables qui roulent dans l'immense Russie et qu'on ne peut toujours pas tous maîtrisés. 

Aprs cette attaque, la Russie doit prendre rapidement des mesures urgentes pour empêcher d'autres camions de s’approcher discrètement de ses  aérodromes et de mener une attaque rapide.

Ne rien faire, laissera la porte, le temps et les moyens à  l'Ukraine de donner un autre coup de grâce.


AU NEZ ET À LA BARBE...

Après ce coup rude  contre l'aviation russe, en dépit des grandes oreilles des FSB russes, la protection des aérodromes militaires doit désormais s'atteler aux exigences de sécurité. 

« L'appétit vient en mangeant.», dit-on. Après la flotte aérienne, l'Ukraine ne va-t-elle pas pousser le bouchon et frapper d'autres cibles potentielles comme les  raffineries, usines, bases militaires, aéroports, silos de missiles balistiques ?

Après cette attaque ukrainienne inédite, la Russie doit en guise de réponse déployer à grands frais des dispositifs de brouillage, des défenses sol-air et anti-drones sur ses bases aériennes. Poutine n'a pas le choix.


Radji SANOUSSI depuis les USA 


lafriqueenmarche du 10 juin 2025 No 929