Haïti traverse une période de paralysie critique où le gangstérisme a muté en une véritable gouvernance criminelle. Quel est son mode d'emploi ?
Avec la gouvernance criminelle, Port-au-Prince, la capitale est assiégée. En effet, environ 90 % de la capitale est sous le contrôle de coalitions de gangs, notamment l'alliance Viv Ansanm. Ce contrôle territorial paralysie la gestion urbaine et au-delà, connait une expansion provinciale.Avec la gouvernance criminelle, la violence s'étend désormais aux départements de l'Artibonite et du Centre, bloquant les principaux axes routiers et isolant la capitale du reste du pays.
AU-DELÀ DE LA GOUVERNANCE CRIMINELLE...
Jimmy "Barbecue" Cherizier est l'un des redoutables gangs qui opèrent à Haïti.
La gouvernance criminelle règne alors que l'impasse politique est tangible à la veille du 7 février 2026, date de la fin de mandat, mais malheureusement sans successeur. En effet, le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) expire théoriquement le 7 février 2026 sans qu'un nouveau président n'ait pu être élu. Tout cela se passe au comble des tensions exécutives. En effet, des luttes internes ont éclaté au sein du CPT, certains membres ayant tenté de révoquer le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accentuant le vide institutionnel.
Face à la gouvernance criminelle, il faut signaler l'offensive sécuritaire et l'aide internationale par le biais d'opérations de la PNH. Depuis janvier 2026, la Police nationale d'Haïti a intensifié ses offensives, utilisant de nouveaux véhicules blindés fournis par la Corée du Sud pour tenter de déloger des chefs de gangs comme Jimmy "Barbecue" Chérizier.
La Police de ce pays a depuis deux ans le soutien opérationnel de policiers venus du Kenya. Malheureusement, la promesse des fleurs n'a pas été comblée.
...DES ACTES ATTENDUS
Face à la gouvernance criminelle, la présence américaine est à signaler. En effet, face au risque d'effondrement total, les États-Unis ont positionné des navires de guerre au large de Port-au-Prince comme avertissement stratégique aux groupes armés.
Mieux, la Mission de l'Onu compte déployer une nouvelle "Force de répression des gangs" (GSF) est attendue, mais son déploiement reste freiné par des problèmes de financement et la fragilité du cadre politique. Avec la gouvernance criminelle, il faut signaler le désastre humanitaire. En effet, au bilan humain, plus de 16 000 personnes ont été tuées depuis 2022 et environ 1,5 million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays.
Cette situation rend la santé en péril. Des organisations comme Médecins Sans Frontières ont dû suspendre certaines activités en raison des affrontements incessants.
Dans ce contexte, l'économie de ce pays est étranglée. Les gangs extorquent des dizaines de millions de dollars via le contrôle du transport de conteneurs, provoquant des pénuries alimentaires sévères. Voilà comment dans ce pays d'espérance dès 1804 est aujourd'hui confronté aux bien-aimés maître des gangs dans les luttes d’ici-bas et qui s’appuyent sur leurs bras pour massacrer jour après jour, une population avec leurs desseins du tentateur.
Comment les Haïtiens parviendront-ils à briser la maudite loi de la gouvernance criminelle sur la terre et dans le ciel ?
Radji SANOUSSI depuis les USA
L'Afrique en marche du 6 février 2026 No 1111

