À l'occasion des 65 ans d'indépendance du Bénin, je nous souhaite une bonne fête. Tout au moins au regard du chemin parcouru, c'est une journée à commémorer.
Cependant, regardons nos fantômes de face et en face, car dans toutes nos positions, tout porte à croire que Béninois que nous sommes, continuons de trahir notre Bénin commun.
Au berceau, on n'a pas pu grandir, tout comme si des pesanteurs sociologues étaient chargées de poser un piège sur notre voie.
À table pour confirmer, le croquis de la République, on n'a pas pu s'asseoir correctement pour le faire. Alors qu'avec fierté, notre Bénin a eu dans son livret de catholicité après une cérémonie baptismale, comme nom d'emprunt :
« "Quartier latin"».
Mise en miroir, la désillusion a été totale. Insistons encore : « " Quartier latin"».
INDÉPENDANCE : PAS DE L'IMAGE, PROFONDEUR DU CONTENU...
Dans le destin des peuples, dans le destin du Dahomey d'alors devenu Bénin, c'est une histoire interne que nous connaissons tous. Le Dahomey/Bénin est comme une paire de pères jumeaux.
Pourtant, dans l'euphorie de l'indépendance, ce pays était promis à un brillant itinéraire. Malheureusement, les épisodes d'exode rural intellectuel ont tout pulvérisé.
Dans les placards programmatiques, on a eu trop de cartes gâchées, surtout celles des droits politiques trop représentés.
Dans nos glaciaires protectrices, à l'instar des "tribuns de la plèbe" de la Rome antique, ceux qui se sont inscrits en contrepoint nécessaire au discours dominant, ont été traités d'apatrides ou d'ennemis du peuple.
On a fini par perdre le temps. Et vint le sursaut d'orgueil pour tenter de rattraper le temps perdu. On commence par rêver et parler demodernisation.
Le développement, la lutte contre la pauvreté et la croissance économique, n'étaient pas nos préoccupations comme c'était le cas de nos voisins dans la sous-région. Pourtant, les bonnes idées sont faites pour être partagées.
Tout au moins, le développement n'est plus un rêve. Il devient pour nous, une figure grandiose.
On peut construire le futur. Et si nous voulons construire le futur, c'est maintenant, loin du terrain d'hiérarchisation de la haine et de la jalousie.
Pieds noirs, cœurs endurcis, mais ne soyons plus nostalgiques pour perpétuer les tares congénitales. Dès lors, changeons de paradigmes. Tout est encore possible.
L'histoire peut commencer par être écrite, loin du sens du grand devin et des sous-jacents de son « "Quartier latin" ».
65 ans de romance d'indépendance, avec une jouissance mélancolique de la Révolution populaire et marxiste-léniniste, sans oublier les saveurs du Renouveau démocratique, avec "Bénin du futur", "Changement"et "Rupture". Et après, quel sera le prochain slogan?
Ne l'oublions pas. On est à la veille de 2026, l'échéance fatidique pour nous tous.
En attendant, entonnons l'hymne à la gloire, à la grâce et à la fidélité au Bénin.
Entonnons l'Aube nouvelle: «...».
Je ne souhaite une très bonne fête avec une pensée particulière à nos vaillants soldats morts en mission commandée contre le terrorisme cette année 2025.
Je dis ma gratitude à toute l'armée beninoise de fiers guerriers contre le jihadisme.
Titus FOLLY
lafriqueenmarche du 1 er août 2025 No 967


