L'Editorial de Murielle MENSAH
Le seuil d'éligibilité à l'attribution des sièges aux législatives de 2026, (20%), contraint-il les partis politiques à faire des positionnements plus efficaces pour le prochain scrutin ?
Conformément aux dispositions de la Loi N° 2024-13 du 15 mars 2024 modifiant et complétant la Loi N° 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral, les élections couplées législatives et communales se dérouleront le dimanche 11 janvier 2026.
Si les dates du déroulement des différentes élections prévues au Bénin en 2026 sont bien connues, personne ne peut parier sur sa portée collatérale. Ce seul serait entrain de devenir un critère important pour mieux positionner dans certaines circonscriptions. Objectif, mieux positionner pour contourner les embûches nombreuses de la loi. À cette allure, beaucoup d'actuels députés doivent-ils craindre pour leur avenir?
INQUIÉTUDES CHEZ CERTAINS DÉPUTÉS...
Le seul des 20% risquent de briser la carrière d'actuels parlementaires. Et pour parvenir à leurs fins, au sommet des partis, on répète déjà : « Ce n'est pas un CDI (Contrat à durée indéterminée) pour député. Il nous faut l'aura de nouvelles têtes pour renforcer notre stratégie de victoire.».
Le seuil des 20% est agité alors que beaucoup de députés tiennent à revenir surtout après une législature de transition de trois ans.
« Ne touchez pas à mon siège.», est le refrain de riposte. En effet, alors que la date limite de dépôt des dossiers de candidature aux élections législatives est fixée au mercredi 12 novembre 2025, dans certains états-majors politiques, on évoque des positionnements de figures emblématiques pour permettre d'atteindre l'Himalaya des 20% dans toutes les circonscriptions électorales.
Doit-on être surpris de la résistance de certains à ne pas accepter leur déclassement? On n'a pas besoin de chercher loin pour trouver la réponse.
Depuis 1991, date de la 1ère législature, et aujourd'hui plus que jamais, il a toujours un engouement autour du poste.
Si certains ont été sans trop de sueur dans l'hémicycle, si d'autres ont été sans trop de secousses lors des débats parlementaires, on ne retire pas le trône à un roi de manière brusque.
Revenir à la prochaine législature est donc un défi pour beaucoup. Il font donc tout pour éviter un grignotage de leur carrière ou de cette position politique très enviable.
Depuis 1991, en dépit de tout, cette mission républicaine offre une posture de privilèges. Quand on est député, au moins, à l'arrivée de son "cortège", les feuilles mortes continuent de se soulever comme dans un tourbillon de prestiges.
Néanmoins, si certains ont été silencieux tout le temps, au moins dans leur circonscription, et sous le baobab, leur partition par rapport à la charge sociale continue de donner son ombre aux sollicitations des militants.
Pour atteindre les 20% dans les circonscriptions électorales, un pari plus complexe et difficile à réaliser, il faut sacrifier certains députés.
A s'y méprendre...
lafriqueenmarche du 27 mai 2025 No 916

