La décision du président Emmanuel Macron d'exfiltrer le président Rajoelina est-elle mue par des intérêts diplomatiques et géopolitiques face à la Chine et à la Russie ? Certaines sources crédibles proches du Quai d'Orsay ( le ministère des Affaires étrangères), le croient. 

Les liens historiques France-Madagascar ont pesé dans la décision de Macron, celle de permettre au président Rajoelina de quitter la Grande île.

En effet, la France entretient des relations politiques, économiques et culturelles solides avec Madagascar. 


...CONTRE L'INGÉRENCE DES PUISSANCES RIVALES

Pour cela, protéger un dirigeant malgache dans une crise majeure peut être interprété comme une manière de préserver ses intérêts régionaux, diplomatiques et de maintenir une influence. 

Aussi, Macron en intervenant, a-t-il limité la crainte de l’ingérence d’acteurs étrangers dans la crise malgache? 

Et parlant d'acteurs étrangers, des sources crédibles proches de la diplomatie française pointent du doigt la Russie et la Chine.

En jouant un rôle de médiateur/disponible pour protéger l'ex  président malgache, la France a cherché à éviter que d’autres puissances internationales ou non étatiques ne profitent du vide pour intervenir. En clair, il fallait limiter les ingérences externes.

Pour Macron, permettre le départ de Rajoelina pourrait éviter que la France ne soit accusée de complicité dans un échec sécuritaire, ou associée à l’arrestation, voire à une violence ouverte contre lui.

Assurer une sortie honorable pour le président en fournissant une option d’évacuation permettrait à Rajoelina de quitter le pays sans humiliation publique ou sans être capturé. 

Ce qui aide à maintenir un semblant de dignité dans sa fonction. Ainsi,  la France lui offre une porte de sortie dans un moment critique.

Sur le plan international, beaucoup surveillent l'action de la France soumise à un examen rigoureux.

Il s'agit de faciliter une évacuation humanitaire plutôt qu’un abandon ou une complicité dans des exactions.


INCERTITUDES DEMEURENT... 

Jusqu’à présent, la France ne confirme pas officiellement cette exfiltration. Macron a déclaré à la presse qu’il ne confirmait « rien...». Il faisait cette déclaration le 13 octobre dernier en Egypte, en marge du sommet sur Gaza, soit 24 h après l'exfiltration du président Rajoelina.

En clair, pour un mal pour un bien, l'aide de Macron a permis le départ du président Rajoelina. 

Cependant, cette fuite a été juridiquement et constitutionnellement exploitée comme un abandon. D'où la prise du pouvoir par les militaires.


Correspondance particulière Saturnin Andriamirajana depuis Madagascar


lafriqueenmarche du 19 octobre 2025 No 1028