Lazarus Chakwera, le président sortant de Malawi crie à la fraude à l'issue de la présidentielle du 16 septembre dernier. 

Candidat de Malawi Congress Party, (MCP), le président sortant, Lazarus Chakwera, a fait face à son prédécesseur Peter Mutharika de la formation Democratic Progressive Party, (DPP). 

Alors qu'on attendait les résultats de cette affiche de la présidentielle, avec en marge les élections législatives et locales, le président sortant crie à la fraude. 


CONTEXTE DÉFAVORABLE...

Conséquence, le Malawi est plongé dans une période d’incertitude politique à la suite des élections générales du 16 septembre 2025. 

Avant ce scrutin, le président sortant fait face à de sérieux défis. Il y a une forte inflation dépassant les 20-27 % depuis plusieurs années.

On peut également évoquer les crises liées au climat (sécheresse, cyclone notamment le cyclone "Freddy"), qui ont gravement affecté l’agriculture et les moyens de subsistance des populations rurales. 

Le président sortant est également confronté à la méfiance grandissante vis-à-vis du gouvernement, notamment suite à des scandales de corruption et à une justice perçue comme sélective. 

Ce contexte pèse lourd dans l’électorat, qui attend du président sortant non seulement une campagne crédible, mais aussi des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes. 


...ALLÉGATIONS DE FRAUDE

Alors que les résultats provisoires montrent Peter Mutharika en tête dans plusieurs districts, le président Chakwera et son camp s’élève contre ce qu’il qualifie d’irrégularités.

En effet, le président sortant et ses soutiens parlent de manipulation des données. Le président Chakwera et son parti affirment avoir repéré des anomalies dans les totaux provisoires, dans certains districts et centres de dépouillement, notamment des résultats incompatibles avec les décomptes de terrain. 

Ensuite, le président Chakwera et son parti surfent également sur les arrestations liées aux fraudes potentielles.

Huit personnes employées comme préposés à la saisie des données ont été arrêtées dans la région de Lilongwe, accusées de tenter de manipuler les résultats officiels. 


CONTRE ARGUMENTS...

Dans l'opposition, on formule également des allégations. En effet, les partis d’opposition ou des candidats tiers comme l’UDF avec Atupele Muluzi, évoquent des fraudes ou des irrégularités dans des bastions électoraux.

Ces dénonciations portent notamment sur les consignes aux représentants pour quitter les bureaux de vote jusqu’à ce que les décomptes soient presque finalisés ou signés. 

En général, des mécanismes électoraux dénoncés. On voit apparaître des critiques sur le manque de transparence dans la Commission électorale du Malawi (MEC), sur la façon dont les résultats de bureau de vote sont vérifiés, et sur le traitement des feuilles de dépouillement. 

Ces enjeux rappellent les controverses de l’élection de 2019, annulée par la Cour constitutionnelle pour fraudes, notamment l’utilisation de liquide correcteur (Tipp-Ex) sur les bulletins de résultats. 

En clair, la confiance de l’électorat dans le système démocratique pourrait être encore plus érodée avec cette ambiance post-électorale.


John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud


lafriqueenmarche du 24 septembre 2025 No 1012