Le gouvernement Goïta a réussi à convaincre l'armateur français CMA/CGM de revenir sur sa décision, celle de ne plus transporter les marchandises, prétextant l'insécurité. Avec cette réponse positive de l'armateur français le gouvernement Goïta a naturellement marqué des points.
En réussissant à convaincre l'armateur français, sur le plan régional et international, le Mali qui dépend des ports de ses voisins, a su desserrer l'étau. Mais avant, l'exécutif malien a dû donner des gages.
En effet, les axes Abidjan-Bamako, Dakar-Bamako, etc en cas de perturbations fragiliseraient également les pays côtiers et la chaîne de transport sous-régionale.
Pour les compagnies internationales, la situation malienne devient un test de “viabilité” des corridors africains à hauts risques. Dès lors, la décision de CMA CGM et d’autres armateurs, est plus qu'un signal fort.
...COMME UNE BOUÉE DE SAUVETAGE
Diplomatiquement, le gouvernement malien vient de démontrer sa capacité à assurer la sécurité des transporteurs étrangers. Il ne peut en être autrement, quand on sait que cela touche à la souveraineté, à la crédibilité vis-à-vis des partenaires et bailleurs de fonds.
Pour les entreprises et la logistique mondiale, le OUI de CMA/CGM, relègue la fragilité des corridors enclavés, exposés à l'insécurité. Le risque “terra firma” devient un facteur majeur de choix pour les transporteurs.
Le gouvernement malien a réussi à convaincre et a pu éviter la suspension des services qui pourrait entraîner des hausses de coûts pour les importateurs maliens.
Sans donner des gages pour assurer la sécurité des convois de marchandises et de carburant, le Mali s'exposait à une fuite des investisseurs, une inflation généralisée, une hausse des coûts logistiques.
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En clair, ce qui pourrait se traduire par une inflation des biens de consommation et des perturbations économiques sans oublier la perte de confiance des opérateurs économiques.
DES ACTES CONCRETS...
En terme de perspectives, la réponse de CMA CGM de maintenir ses livraisons, oblige le gouvernement malien de transformer les assurances verbales en mesures tangibles.
Il s'agit de sécurisation des axes routiers, de maintenir les flux relatifs au carburant sans oublier l'amélioration des infrastructures logistiques.
Le gouvernement malien doit maintenir le cap. Un éventuel nouveau blocage pourrait provoquer un choc économique pour le Mali et un effet domino pour toute la sous-région.
Arouna AMADOU
lafriqueenmarche du 12 novembre 2025 No 1044


