La question de l'efficacité et du coût du partenaire russe au Mali, est au cœur des débats suite aux attaques terroristes du 25 avril 2026 et de la diffusion d'une vidéo de soldats maliens arrêtés à Kidal par les rebelles du FLA 

Pour les Maliens très fâchés et déçus depuis le 25 avril dernier, malgré la présence des forces russes (anciennement Wagner, désormais "Africa Corps"), les terroristes du JNIM et les rebelles du FLA, ont opéré sans difficultés au nez et à la barbe des Russes "prétendus" experts dans la lutte contre le terrorisme.

Selon les Maliens, au regard de l'escalade sécuritaire de ce 25 avril dernier, l'efficacité des Russes est remise en cause. 

Les Maliens dans leur majorité n'arrivent plus à comprendre que des attaques coordonnées d'une ampleur inédite, aient visé Kati, le cœur du pouvoir.

Cet cuisant échec de protection du sommet de l'Etat, a eu comme point culminant, la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, pilier du rapprochement avec Moscou, tué lors d'un attentat-suicide à son domicile de Kati le 25 avril 2026. 


UN PARTENAIRE CHÈREMENT PAYÉ...

Les Maliens fâchés, dénoncent sans crier gare, l'investissement financier du Mali pour maintenir ce partenariat massif.

Selon des sources sécuritaires fiables rapportées par les Maliens, la facture mensuelle de Wagner (Africa Corps) est très élevée. 

En effet, le coût de la présence russe est estimé des millions de dollars par mois. Individuellement, un militaire d'Africa Corps coûterait environ 10 000 dollars par mois à l'État malien.

Ce montant inclut la solde (environ 3 000 dollars), l'équipement, la restauration et les frais administratifs. La facture mensuelle totale avec un effectif actuel d'environ 2 500 hommes, s'élève à 25 millions de dollars par mois (soit environ 300 millions de dollars par an).

L'installation du premier contingent de 1 000 hommes d'Africa Corps, a commencé en décembre 2024 jusqu'en novembre 2025.

À titre de comparaison, les 30 derniers mois d'activité du groupe Wagner au Mali (janvier 2023 à juillet 2025) auraient coûté à eux seuls 681 millions de dollars avant la transition complète vers "Africa Corps". 

Les paiements seraient effectués via un réseau financier informel pour contourner les sanctions internationales. 

Le coût total de ce partenariat serait massif. Depuis fin 2021, le partenariat militaire avec la Russie aurait coûté près de 900 millions de dollars au Mali.selon des sources crédibles.

Mieux, ce soutien russe face au terrorisme se paie également par une influence accrue de Moscou sur les secteurs stratégiques comme les mines d'or et l'énergie nucléaire. 

Avec les dernières contingences survenues le 25 avril dernier, les failles  structurelles d'Africa Corps sont indéniables.

Le passage de Wagner à l'Africa Corps (sous contrôle direct du Kremlin via le GRU) semble n'avoir pas eu tous les effets escomptés.


...LA DÉROUTE DE KIDAL

Les Maliens sont outrés de constater la cuisante défaite d'Africa Corps à Kidal ce 25 avril face aux rebelles touaregs du FLA. 

À Kidal, après la défaite humiliante, "Africa Corps", a dû négocier avec les rebelles victorieux, un tunnel de sortie. Et c'est l'Algérie, alliée des Russes en Afrique, qui a su négocier la porte de sortie humiliante pour permettre à "Africa Corps" de sauver la mise.

"Africa corps" n'a pas été à la hauteur. La chaîne de commandement plus verticalisée et le manque de "déni plausible" (l'unité représentant officiellement l'État russe), limiteraient la liberté d'action sur le terrain.

Les Maliens dénoncent l'incapacité stratégique d'Africa Corps et qualifient la dépendance croissante aux forces russes comme un aveu d'échec stratégique. Ce qui  transforme le pays en un État sous "perfusion sécuritaire permanente" sans pour autant pacifier le territoire. 

En résumé, si la Russie reste le partenaire privilégié pour affirmer la souveraineté malienne face à l'occident, les résultats concrets sur le terrain en 2026 montrent une armée malienne toujours aguerrie, mais sous la tutelle d'un partenaire russe dont le coût financier vertigineux ne garantit pas la protection des centres de pouvoir ni du territoire et dans les villes stratégiques, dont Mopti, Gao et Kidal.

En clair, le bilan financier de la tutelle militaire russe au Mali, oscille entre une présence extrêmement onéreuse et une incapacité manifeste à enrayer la menace terroriste, illustrée par les événements récents.


Radji SANOUSSI


lafriqueenmarche du 28 avril 2026 No 1167