Après l'émission d'un mandat d’arrêt international contre l'activiste béninois, Kémi Seba, son soutien à une entreprise insurrectionnelle le 7 décembre dernier n'est-il pas de nature à le rattraper ?
L'émission par la justice béninoise d’un mandat d’arrêt international visant l’activiste panafricaniste, Kémi Seba, accusé d’avoir tenu des propos jugés favorables ou incitatifs à l’entreprise insurrectionnelle est toujours d'actualité.
En effet, dès l'annonce du coup d'État ce jour-là, Kémi Seba, a apporté un franc soutien à ce coup de force du 7 décembre dernier.
De ce fait, que la justice béninoise emette un mandat d'arrêt international contre lui ne surprend pas.
Pour des Béninois, il est de bon ton que la justice lui demande des comptes.
...ARGUMENTS RELATIFS À LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ?
Cependant, d'autres Béninois surtout ceux de la diaspora contestent et dénoncent ce mandat émis contre Kémi Seba.
Pour les uns, le 7 décembre dernier, Kémi Seba n'a pas pris d'armes contre la République.
Il n'était pas dans cette entreprise de déstabilisation des institutions de la République.
Dès lors, pour eux, « C'est une procédure politique par laquelle certains chercheraient à faire taire une voix critique plutôt qu’à établir ailleurs des responsabilités pénales.».
L'activiste n'ayant joué aucun rôle opérationnel dans la tentative de coup d’État, sa déclaration du 7 décembre dernier, relève donc de l’analyse politique et de la liberté d’expression.
Et donc, le mandat d’arrêt international constitue une instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins dissuasives.
Le caractère non violent de son engagement rappelle que ses prises de position s’inscrivent uniquement dans un combat idéologique panafricaniste qu’il mène depuis plusieurs années.
En clair, avec ce mandat d'arrêt international, Kémi Seba a du pain sur la planche suite à cet acte de la justice béninoise de criminalisation de son action politique et idéologique.
Kémi Seba va-t-il céder à la peur ou va-t-il poursuivre ses activités militantes dans le respect de ses convictions?
Nourou TIDJANI
lafriqueenmarche du 14 décembre 2025 No 1065


