La situation est restée incertaine et confuse à Niamey en raison de tirs intenses entendus dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août 2026.
Entre simple humeur de certains soldats, une révolte d'une partie de l'armée ou un plan bien ourdi de tentative de coup d'État, que retenir ?
La base 101 qui jouxte l'aéroport "Hamani Diori" de Niamey a été la première cible concentrée des tirs nourris à l'arme lourde.
Cette cible est stratégique à plus d'un titre. Elle abrite les forces armées de l'AES. Elle garderait également dit-on, des tonnes d'uranium "saisies" chez la société française Orano.
Durant cette année 2026, cette cible a été attaquée par deux fois par les terroristes. Si cette cible était encore la seule a être attaquée à Niamey ce 29 août, on pourrait conclure par la formule : « On prend les mêmes et on recommence...».
Malheureusement, les tirs nourris de ce 29 août 2026, ont eu comme acteurs principaux, des soldats de l'armée (donc pas des terroristes comme à l'accoutumée).
Dès lors, dans le déploiement de ces velléités-là, les observateurs avisés qui ont conclu à la thèse de la mutinerie n'ont pas une mauvaise grille de lecture des évènements.
...MUTINERIE OU TENTATIVE DE COUP D'ÉTAT ?
Il se fait qu'au-delà de la base 101 de Niamey, on a également comme un nouveau théâtre d'opération (une sorte d'épicentre No2).
Il s'agit des affrontements intenses aux abords immédiats de la présidence de la République, un périmètre ultra-sensible de la capitale de ce pays.
Dans le feu de l'action, on retrouve toujours des soldats de l'armée du Niger qui ont fait usage de tirs nourris dans cette zone ultra-sécurisée.
A cette situation délicate, un fait majeur s'y est greffé : c'est la coupure du signal de la radio/ télévision publique (ORTN). À quelle fin ?
Pour les observateurs avertis, tenter de couper le signal de la chaîne publique pour faire passer un message de quelque nature n'est donc pas un fait banal.
Conclusion : Des tirs nourris dans le voisinage du palais présidentiel et l'abnégation des mutins à couper le signal de la chaîne publique de radiodiffusion et télévision sont des actes symptomatiques d'une tentative de coup d'État.
La capitale nigérienne a donc traversé des heures de forte tension, heures caractérisées par des dynamiques sécuritaires avec des tirs à l'arme lourde et des explosions dès le milieu de la nuit dans plusieurs quartiers névralgiques de Niamey, notamment autour de la zone administrative du palais présidentiel, de la télévision nationale et de la base aérienne 101 attenante à l'aéroport international "Diori Hamani".
Le ministre de la Défense, par un communiqué à la télévision publique a su rassurer l'opinion que la situation est sous contrôle.
RAPPORTS DE FORCE...
Si le spectre d'une déstabilisation interne ou d'une mutinerie reste envisagé par les observateurs, les auteurs de ces options ont-ils procédé à une analyse correcte des rapports de force en attaquant par exemple la base 101?
À cet endroit, on sait qu'il y a l'état-major de la force unifiée de l'AES, mais également de quartier général des partenaires russes d'Africa Corps ?
Après ces contingences, des questions fusent. Qui sont les meneurs de ces assauts ? Leurs velléités étaient-elles d'ordre corporatiste ou matériel ? Leur plan ourdi avec le recours à l'arme lourde visait-il un changement de régime (prise de pouvoir) ?
Aux dernières nouvelles, la situation est sous contrôle. Les forces de sécurité sont en alerte maximale et des blindés ont été déployés en renfort dans la ville.
À titre de rappel, les attaques de ce 29 août ont empêché les avions d'atterrir ou de décoller à l'aéroport "Hamani Diori" de Niamey à cause de la proximité de la Base 101, un site extrêmement sensible puisqu'il abrite non seulement l'état-major de la force unifiée de l'AES, mais sert également de quartier général aux partenaires russes d'Africa Corps.
L'aéroport de Niamey a déjà subi deux attaques similaires de la part de l'État islamique et du JNIM (Al-Qaïda) en janvier et juin 2026.
lafriqueenmarche du 30 août 2026 No 1247

