Longtemps considéré comme le moteur invisible de l'économie entre le Nigeria et le Bénin, le commerce informel entre les deux pays traverse aujourd’hui une zone de turbulences. 

Huile, textile (surtout pantalon Jeans et T-shirts), portables, lampes solaires...sont systématiquement saisies ces derniers temps par les douaniers et policiers nigérians.

Avant, c'était la "guerre" totale contre la contrebande et le trafic de carburant.

En effet, les ruelles étroites qui serpentent la frontière entre le Nigéria et le Bénin sont depuis quelques jours prises d'assaut par les douaniers et policiers nigérians. 

Des milliers de petits commerçants, qui vivaient des échanges transfrontaliers, peinent à maintenir leurs activités. Après une conjoncture marquée par l’inflation, c'est le tour des douanes et de la Police du Nigeria d'exercer une surveillance accrue sur les flux.


COMMERCE INFORMEL À PARTIR DU NIGERIA...

Les fouilles sont systématiques et les saisies témoignent que la stratégie est payante pour les deux structures étatiques.

En effet, entre nécessité économique et pressions étatiques, le commerce informel entre le Nigeria et le Bénin semble pris au piège. Une réalité qui pose une question cruciale, celle de préserver une activité vitale pour les populations sans pour autant compromettre la sécurité et la transparence des échanges.

Conséquence, les étals sont moins fournis qu’autrefois. Ceux qui vont chercher de l’huile, du textile et autres au Nigeria pour revendre du côté béninois n'ont plus de marge de manœuvre.

Après l’effondrement du naira ( monnaie du Nigeria),conjugué aux effets de la guerre en Ukraine, la traque douanière et policière a fortement perturbé les marges de bénéfices des acteurs de l'informel.


...DANS UN BEAU DRAP

La multiplication des contrôles douaniers et policiers sous prétexte de lutter contre la contrebande et le trafic de carburant, l'étau se resserre sur des filières longtemps tolérées.

Résultat, de nombreux commerçants préfèrent réduire leurs activités.

Dans les quartiers populaires du Nigeria où on retrouve les acteurs de l'informel, la réalité est visible. On constate la baisse du pouvoir d’achat.

Cette fragilisation du commerce informel traduit à la fois une volonté politique du Nigeria de formaliser les échanges et la difficulté de trouver un équilibre entre fiscalité et survie des petits acteurs. 

Si le Nigeria a longtemps fermé les yeux sur le secteur informel qui fait vivre des millions de familles, le réguler est devenu un impératif.

Cependant, comment le réprimer sans alternatives pour ne pas créer plus de pauvreté? 


Disu SIRIKU correspondance particulière depuis le Nigeria 


lafriqueenmarche du 10 septembre 2025 No 1000