La confrontation sociale qui secouait depuis plusieurs semaines le secteur pétrolier nigérian a pris un tournant décisif le 30 septembre dernier. Le groupe "Dangote Industries Limited", acteur majeur de la raffinerie et du négoce pétrolier, a annoncé la réintégration de 800 travailleurs licenciés. Le géant nigérian cède ainsi à la pression exercée par les organisations syndicales.
Au terme d'un bras de fer tendu durant deux semaines, et suite à des négociations houleuses déroulées entre la direction de l'entreprise Dangote et les représentants des travailleurs, 800 travailleurs du secteur pétrolier, récemment licenciés par ledit groupe ont été réintégrés.
Selon des sources proches du dossier, le gouvernement fédéral de Bola Tinubu, a dû jouer les médiateurs pour éviter une escalade susceptible de perturber non seulement la production locale, mais aussi les recettes en devises du pays.
Au finish, le géant groupe Dangote plie devant la pression syndicale. « Nous avons entendu la voix des travailleurs. Le dialogue social doit primer sur toute autre considération», a déclaré un porte-parole de Dangote Industries après le OK pour la réintégration.
...SYNDICATS EN PREMIÈRE LIGNE
Pour la Confédération nigériane des travailleurs du pétrole (NUPENG) : « Cette décision est une victoire historique qui prouve la force du mouvement syndical face aux grands groupes privés. Cette réintégration n’est pas seulement celle de 800 familles. C’est un message clair en ce qui concerne les droits des travailleurs qui ne sont pas négociables.», a déclaré Joe Ajaero, dirigeant syndical de premier plan du NUPENG
Avec cette réintégration, le climat social s’apaise provisoirement. Cependant, la fragilité du dialogue social dans le secteur pétrolier nigérian est toujours manifeste. Entre exigences de rentabilité des multinationales et revendications des travailleurs, le chemin reste toujours étroit.
La réintégration des 800 employés pourrait cependant servir de précédent. Cette situation pourrait obliger les grandes entreprises, y compris Dangote, à repenser leur politique sociale dans un secteur stratégique pour l’avenir du Nigeria.
À titre de rappel, les renvois survenus en septembre dernier, avaient suscité une vive contestation.
Les syndicats, en son temps ont accusé l’entreprise d’abus de pouvoir et de licenciements arbitraires et avaient menacé de lancer une grève nationale paralysant le secteur énergétique.
Une menace prise très au sérieux par le régime Tinubu, au moment où le Nigeria lutte pour stabiliser son économie et ses exportations de brut.
Wilfried GBÊGAN correspondant au Nigeria
lafriqueenmarche du 3 octobre 2025 No 1019


