Les États-Unis ont officiellement commencé à déployer 200 coopérants militaires au Nigeria en février 2026. Ce déploiement marque un tournant majeur dans la relation entre l'administration de Donald Trump et le président Bola Tinubu. Le président américain est passé de la menace d'intervention à une coopération stratégique directe contre le terrorisme au Nigeria.
CAHIER DE CHARGES
Les soldats américains sont chargés de former et conseiller l'armée nigériane dans sa lutte contre des groupes comme "Boko Haram", l'État islamique en Afrique de l'Ouest et les "bandits" armés.
Les autorités nigérianes et le Pentagone ont précisé que ces troupes n'interviendront pas directement dans les combats, qui restent sous contrôle local. Une "petite équipe" initiale s'est déjà installée pour fournir un soutien spécifique en matière de capacités techniques et de renseignement.
GRANDE ENTENTE
Entre Trump-Tinubu, peut-on parler d'une "grande entente" ? Pour de nombreux observateurs avisés, on mise sur le résultat d'un compromis pragmatique plus que tout.
Pour Trump, c'est la sécurité qui prime. Pour Tinubu, la souveraineté passe avant tout. Bien que sous pression, le président du Nigeria a accepté ce soutien militaire. Objectif, contenir l'insurrection qui s'aggravait, notamment après des attaques meurtrières récentes contre des églises à Kaduna.
Ce déploiement de coopérants militaires américains est un partenariat stratégique pour les USA.
Pour Washington, ce déploiement permet de maintenir une présence militaire en Afrique de l'Ouest après le retrait forcé de ses troupes du Niger voisin en 2024. Après les bombardements de décembre 2025, ce rapprochement fait suite à une période de forte tension.
À titre de rappel, les 25 et 26 décembre 2025, Donald Trump a ordonné des bombardements dans l'État de Sokoto (nord-ouest du Nigeria). Ces frappes visent des militants de l'État islamique. Le président américain avait initialement justifié ces frappes par la nécessité de protéger les communautés chrétiennes persécutées, désignant le Nigeria comme un "pays particulièrement préoccupant".
Malgré les critiques initiales, ces frappes ont été présentées par la suite comme ayant été coordonnées avec le gouvernement de Tinubu pour apaiser les craintes de violation de souveraineté.
Cette coopération sécuritaire américaine va-t-elle inverser la tendance en matière d'insécurité?
Wilfried GBÊGAN correspondant au Nigeria
L'Afrique en marche du 13 février 2026 No 1116


