Après près de 80 ans de gouvernance masculine, la voie est-elle ouverte à une femme à la tête de l’organisation au terme du mandat de António Guterres?
Fondée en 1945, l’Organisation des Nations unies (ONU) n’a jamais été dirigée par une femme.
À l’approche de la fin du second mandat de son actuel secrétaire général, António Guterres, prévu pour décembre 2026, la communauté internationale multiplie les appels à ce qu’une femme accède à ce poste pour la première fois.
...VERS UN SYMBOLE FORT ?
La revendication d’une femme à la tête de l’Onu ne relève pas seulement du symbole. Elle s’inscrit dans une logique de cohérence. En effet, cette institution impose l’égalité de genre comme valeur, or aucun secrétaire général n’a encore été féminin.
Dès voix s'élèvent déjà pour cette perspective.. « Le prochain secrétaire général de l’ONU doit être une femme. », a récemment déclaré la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.
En outre, l’Assemblée générale des États membres, a exprimé de façon écrasante sa volonté de voir pour la première fois une femme dans ce rôle.
UNE FEMME À L'HEURE D'ENJEUX POLITIQUES ET INSTITUTIONNELS...
Renforcer la légitimité de l’Onh à une époque où l’organisation est critiquée pour son efficacité et son adaptabilité, un changement de genre à sa tête pourrait relancer sa crédibilité.
En effet, au nom de l'inclusion et de la représentation, le leadership féminin est perçu comme un levier pour l’ouverture de l’espace international à des perspectives nouvelles, notamment en matière de paix, développement et droits humains.
Cependant, avant d'y parvenir, il y a aura une bataille d'envergure. En effet, un processus électoral complexe s'annonce, car le choix du secrétaire général est soumis à un mécanisme d’accords diplomatiques et de recommandations du Conseil de sécurité des Nations unies.
Ce qui impose des négociations puissantes.
Il y a moins de femmes chefs d’État, or ce sont elles qui joueront un rôle clé pour cette élection.
...HANDICAPS DE TAILLE
Plusieurs obstacles persistants vont surgir. En effet, malgré l’élan, plusieurs freins demeurent. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité disposent d’un droit de veto, et aucun n’a jamais validé officiellement une femme au poste de Secrétaire général.
Mieux, les dynamiques régionales et géopolitiques jouent un rôle déterminant dans le choix du candidat. On peut citer l’équilibre entre régions, la langue, le genre, les affinités politiques et autres facteurs qui demeurent délicats.
En vérité, le caractère fortement consensuel et informel du mécanisme rend difficile la "rupture" d’un bloc d’hommes dirigeant depuis toujours.
L'APRÈS GUTERRES...
Avec le second mandat de Guterres qui s’achève en décembre 2026, les discussions s’intensifient. Les États membres sont appelés à désigner tôt des candidates crédibles, clarifier les critères de sélection, garantir un rôle accru de l’Assemblée générale dans le choix, plutôt que des arrière-salles diplomatiques.
Le moment est vécu comme une opportunité historique. L'Onu en tant qu'organisation, aura-t-elle un sommet à franchir pour l’égalité de genre dans le multilatéralisme?
On attend de voir s'il y a une farouche volonté pour mettre une femme à la tête de l’Onu est une condition pour reconstruire un ordre mondial fonctionnel?
Saroukath SALIM correspondante aux USA
lafriqueenmarche du 8 novembre 2025 No 1040

