La prochaine audience relative au procès Kémi Seba est fixée au 11 août prochain. Entre le dénouement de l'examen de son extradition au Bénin ou le scénario de blocage, plusieurs mois pourraient passer. Et pour cause, un "embouteillage de procédures". De quoi retourne cette expression ?
À partir du 11 août prochain dans la droite ligne de l'examen de la requête du Bénin par rapport à l'extradition de Kémi Seba, des experts juridiques craignent et projettent déjà un embouteillage de procédures.
Dans l'assertion du terme, les experts sud-africains du droit avisés disent qu'il y aura une superposition complexe d'arguments juridiques et de dynamiques politiques.
Cette expression " embouteillage de procédures" est déclinée en plusieurs éléments sous-jacents comme des éléments de disjonction, de lenteur et de multiplicité de conjonctions favorables ou défavorables.
ARGUMENTS JURIDIQUES ...
Selon ces experts, il ne peut en être autrement, car la justice sud-africaine a fait le choix de séparer les affaires.
D'un côté, se joue le volet d'immigration illégale (visas expirés et tentative de franchissement clandestin vers le Zimbabwe).
De l'autre, se retrouve la très lourde procédure d'extradition initiée par le Bénin.
Aussi, peut-on évoquer, la complexité des enquêtes financières internationales. En effet, le parquet sud-africain et la cellule de renseignement financier mènent de profondes investigations.
Ils cherchent à tracer l'origine de fonds russes présumés. Ces sommes auraient transité par des plateformes de cryptomonnaie pour financer sa cavale, ce qui allonge considérablement les délais d'instruction.
En outre, on a également la bataille autour du statut de réfugié politique. La défense de Kémi Séba a officiellement introduit une demande d'asile politique en Afrique du Sud.
En vertu du droit international et sud-africain, l'examen d'une demande d'asile est suspensif. Cela bloque l'exécution de toute extradition tant que le statut de réfugié n'est pas définitivement tranché.
... IMAGE D'EMBOUTEILLAGE
On peut également évoquer les recours systématiques relatifs à la détention. En effet, les avocats de l'activiste contestent fermement le rejet de sa mise en liberté sous caution.
Enfin, il y a les démarches administratives de la demande d'extradition. Cette dernière a été officiellement formulée il y a seulement quelques jours par la Criet du Bénin, demande transmise à l'ambassade d'Afrique du Sud près le Bénin à Cotonou.
Cette demande liée à des accusations de blanchiment et de soutien à une tentative de coup d'État en décembre 2025) vient à peine d'être formellement transmise à l'ambassade sud-africaine près le Benin.
L'examen de fond de cette requête par la justice sud-africaine ne fait que commencer.
En clair, à l'allure d'un bouchon subliminal à Pretoria ou à Johannesburg, l'examen du dossier Kémi Seba avec les procédures d'appel successives, donnent effectivement l'impression d'un embouteillage procédural parti pour plusieurs mois.
John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud
lafriqueenmarche du 18 juillet 2026 No 1227


