Le potentiel de co-développement à partir de la finance islamique repose sur trois piliers majeurs.
D'ABORD, il y a le levier de la "Finance Verte et Durable".
Le marché mondial des sukuks s'oriente massivement vers les critères ESG. Le Qatar montre un intérêt croissant pour les Sukuks Verts.
L'Afrique, de son côté, a un besoin urgent de financer sa transition énergétique.
Le co-développement peut s'axer sur des obligations islamiques qataries finançant exclusivement des infrastructures durables en Afrique.
ENSUITE, on a la notation souveraine et le rehaussement de crédit.
Pour attirer les investisseurs qataris (fonds souverains comme la QIA, banques de dépôt), les projets africains doivent atténuer leur risque de signature.
Le potentiel maximal des sukuks qataris ne sera atteint que par des structures de co-investissement. Par exemple, une banque multilatérale africaine (comme la BAD ou la Africa Finance Corporation) apporte une garantie de première perte, et les institutions financières qataries structurent et distribuent le sukuk à Doha.
ENFIN, il faut évoquer l'ancrage diplomatique. En effet, le Qatar utilise sa diplomatie économique pour signer des accords de non-double imposition et de protection des investissements avec plusieurs blocs africains (CEDEAO, EAC).
Ces accords juridiques sont les fondations nécessaires pour sécuriser le rapatriement des coupons des sukuks.
Pour que le Qatar devienne un investisseur de premier plan dans l'infrastructure africaine via les sukuks, le sukuk doit être un sukuk souverain et transfrontalier.
FINANCE ISLAMIQUE, DES ATOUTS EN DÉPIT DES DÉFIS
En effet, un État africain émet un sukuk directement sur la place financière de Doha (Qatar Financial Centre), captant la liquidité qataraise en USD pour un grand projet national (ex: extension d'un aéroport).
Il faut également souligner l'impact du Sukuk de Project Finance (PPP). C'est une entité ad hoc (SPV) détenue conjointement par des opérateurs africains et des fonds qataris qui émettent des sukuks pour financer une infrastructure spécifique. On peut citer une autoroute à péage par exemple, où les investisseurs qataris reçoivent des rendements basés sur les performances réelles de l'infrastructure.
En dépit, de ce contexte très favorable, il y a les principaux défis et barrières à l'expansion.
En effet, malgré un alignement d'intérêts, du côté africain, les pouvoirs publics doivent faire en sortent à surmonter plusieurs obstacles qui ralentissent l'ancrage des sukuks qataris en Afrique.
L'Afrique en marche du 8 octobre 2026 No 1268


