En Afrique, de nombreux pays ont un nombre important de départs ou d'exils forcés de professionnels des médias. Quels sont les 10 pays les plus concernés?
Érythrée, Soudan, Burundi, Éthiopie, Rwanda, Burkina Faso, Mali, République démocratique du Congo (RDC), Guinée et Djibouti sont selon les données et rapports de Reporters sans frontières (RSF), les pays les plus concernés par les cartes de l'exil.
Cet exil forcé découle des menaces sécuritaires, des conflits armés et la répression politique.
Tous ces éléments poussent de plus en plus de journalistes africains à fuir leur pays pour se réfugier à l'étranger.
AU BAN DES ACCUSÉS
Parmi les pays africains concernés par ce phénomène, 10 pays sont au ban d'accusés s'agissant de l'exil journalistique en Afrique.
On a en 1ère position, l'Érythrée. Ce pays est classé au dernier rang mondial par RSF. Mieux, dans ce pays, il y a l'absence totale de médias indépendants et le risque de détentions arbitraires à vie qui vident le pays de ses journalistes.
Le Soudan est en 2 ème position. La guerre civile en cours dans ce pays détruit le paysage médiatique et expose les reporters à des violences extrêmes. Ce qui provoque des vagues massives de fuite.
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Ensuite, il y a le Burundi. Depuis la crise politique de 2015, une part majeure de la presse indépendante burundaise, a été contrainte de s'installer et d'exercer directement depuis l'exil.
L'Éthiopie est également un autre pays concerné. Le tournant autoritaire et les conflits internes ont fait basculer la situation des journalistes dans une catégorie jugée très grave. Ce qui a accéléré les départs.
Rwanda est au 5 ème rang. Le contrôle gouvernemental strict et les risques de lourdes peines de prison poussent de nombreuses voix critiques à chercher refuge à l'extérieur des frontières.
Le Burkina Faso est également cité. Les réquisitions forcées de journalistes pour être envoyés au front militaire et le harcèlement créent un climat de terreur propice à l'exil.
Le Mali est 7 ème. L'instabilité liée à la présence de groupes armés et les fortes pressions de la junte militaire au pouvoir transforment le pays en une zone de non-information.
La République démocratique du Congo (RDC) est en 8 ème position. Les violences récurrentes à l'Est du pays et les fermetures répétées de médias par les autorités forcent les journalistes menacés à fuir.
La Guinée-Conakry est 9 ème. La forte régression des libertés publiques sous le régime de transition et le démantèlement de médias d'envergure nationale alimentent un exil croissant.
Djibouti ferme la marche comme 10 ème pays africain concerné par ce phénomène. Dans ce pays, le verrouillage médiatique absolu exercé par le pouvoir en place ne laisse aucune place aux dissidents, contraints à l'asile politique pour continuer d'informer.
ÉTAT D'ALERTE
Au nombre des défis majeurs soulevés par RSF par rapport aux journalistes en exil, on a surtout la répression transnationale.
En effet, RSF alerte sur le fait que la fuite ne met pas fin aux menaces. De nombreux journalistes continuent d'être suivis ou menacés par les services de renseignement de leur pays d'origine, même une fois réfugiés dans les pays voisins.
Il faut déplorer également la précarité administrative. Les procédures d'obtention de visas de protection ou du statut de réfugié restent particulièrement complexes et longues pour ces professionnels de l'information.
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Malgré l'isolement, ces journalistes s'organisent en réseaux pour continuer à alimenter des plateformes d'information indépendantes à destination de leurs concitoyens restés sur place.
Signalons que même si le Togo n'est pas classé, ce pays vit ces deux dernières années, les journalistes sont confrontés à une situation critique.
Enerst DJONKEP depuis Yaoundé
L'Afrique en marche du 23 juin 2026 No 1209

