Le personnel médical paye un tribut disproportionné depuis le debut de la nouvelle épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC), causée par la souche rare et mortelle "Bundibugyo".
En première ligne face à une propagation fulgurante, les médecins, infirmiers et hygiénistes sacrifient leur vie dans des structures hospitalières débordées et dramatiquement sous-équipées.
Dire qu'il y a une mortalité immédiate n'est pas un euphémisme disgracieux.
Rien qu'à Mongbwalu (province de l'Ituri), quatre agents de santé sont morts en seulement quatre jours au sein de l'hôpital général de référence.
En effet, les soignants contractent le virus lors des soins rapprochés ou de la manipulation des corps, la charge virale des patients étant maximale au pic de la maladie et après le décès.
Contrairement à la souche "Zaïre", la souche "Bundibugyo" ne dispose d'aucun vaccin ni traitement spécifique homologué. Ce qui prive le personnel de toute protection biologique préventive.
Conséquence, les failles logistiques aggravent le bilan surtout du fait de la pénurie d'équipements de protection.
Les équipes souffrent d'une absence critique de kits d'intervention rapide et de combinaisons intégrales.
Mieux, les infrastructures sont saturées. Les zones d'isolement sont également totalement archi combles
Les professionnels de santé doivent travailler dans la promiscuité, ce qui multiplie les failles dans les protocoles de prévention des infections.
Le nombre d'épidémiologistes et de personnels spécialisés reste largement insuffisant pour encadrer la riposte dans les zones minières et de conflit.
Un impact dévastateur sur le système de santé.Effrayées par la mort de leurs soignants, les populations désertent les hôpitaux pour rester malades au sein des communautés, propageant le virus de manière invisible.
Face à ce lourd tribut et à l'expansion vers l'Ouganda, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété une urgence de santé publique de portée internationale, tandis qu'Africa CDC a placé 10 pays limitrophes sous haute surveillance.
Ghislain TINDUDU correspondant en RDC
L'Afrique en marche du 1er juin 2026 No 1192

