Une nouvelle escalade diplomatique secoue les relations déjà fragiles entre la France et le Mali. Paris a déclaré persona non grata deux officiers maliens. Ils ont déjà quitté Paris pour rejoindre Bamako.
Ces deux officiers membres des services de sécurité occupaient des fonctions diplomatiques à Paris.
L'identité exacte des officiers n'a pas été révélée, de même que leurs grades, et fonctions précises dans la structure sécuritaire malienne à Paris.
Bien que plusieurs sources évoquent : « Deux diplomates maliens en charge des renseignements au profit de leur pays.». Les mesures prises par la France s’accompagnent d’une suspension de la coopération antiterroriste avec Bamako.
RAISONS DE CETTE DÉCISION DE PARIS...
Le 15 août 2025, les autorités maliennes, ont procédé à l’arrestation d’un diplomate français en service à l'ambassade de France près le Mali.
Bamako accuse ce diplomate d’espionnage et de tentative de déstabilisation avec l'arrestation d'une cinquantaine de militaires maliens dont deux généraux. Après l'arrestation de ce diplomate, Paris rejette ces accusations qu’elle juge infondées.
En représailles, la France a ordonné à ces deux diplomates maliens, identifiés comme officiers de renseignement ou de sécurité, qui travaillent dans les bureaux de l’ambassade et du consulat du Mali à Paris, de quitter le territoire français sous 24 à 48 heures.
Parallèlement, la France a suspendu sa coopération antiterroriste avec le Mali, y compris les échanges de renseignements, jusque-là l’un des rares points de collaboration encore effectif malgré le climat tendu entre les deux pays.
Du côté français, on évoque la violation du droit diplomatique. En effet, la France qualifie l’arrestation du diplomate français comme une violation du droit international et des conventions diplomatiques, notamment la Convention de Vienne.
L'exécutif francais met l'accent sur la nécessité de répondre à un acte considéré comme une hostilité diplomatique grave.
Les autorités françaises mettent également en avant le principe d’immunité diplomatique pour son agent, estimant que ses droits n’ont pas été respectés.
...MALI : RÉPONSE DU BERGER À LA BERGÈRE
Bamako soutient que le diplomate français arrêté est impliqué dans une tentative de déstabilisation des institutions maliennes, en collaboration présumée avec certains officiers maliens.
Le gouvernement malien ne reconnaît pas les recours diplomatiques invoqués par la France, et estimecque ses propres allégations nécessitent enquête et justice.
CONSÉQUENCES D'UNE BROUILLE...
Au nombre des conséquences de cette brouille, il y a la suspension de la coopération antiterroriste. Dès lors, il y a un arrêt de collaboration dans le partage d’informations, les interceptions, le soutien logistique etc.
Cette coopération était un des rares canaux encore ouverts dans le partenariat sécuritaire entre les deux États.
À Bamako, il faut évoquer l'esprit de réciprocité. Le Mali a déjà réagi en déclarant plusieurs personnels français “persona non grata” et donc contraints de quitter le Mali.
Il faut signaler l'impact sur la sécurité régionale. En effet, dans le contexte du Sahel, où le Mali fait face à de graves problèmes liés au terrorisme (groupes jihadistes, crises intercommunautaires, etc.), la rupture de coopération pourrait fragiliser davantage la lutte contre ces menaces.
...VERS UNE DÉGRADATION DIPLOMATIQUE
Ce différend entre Paris et Bamako risque d’entraîner une dégradation supplémentaire des relations déjà tendues depuis les coups d’État de 2020 et 2021 sans oublier les désaccords sur le rôle de la France dans la région.
S'agissant de la durée de la suspension, Paris indique que d’autres mesures seraient envisageables si l’agent français n’est pas libéré rapidement par les autorités maliennes.
Ibrahim DIALLO
lafriqueenmarche du 27 septembre 2025 No 1015
