Des dernières déclassifications massives de documents par le ministère américain de la Justice en date du 3 février dernier, permettent de constater que plusieurs personnalités et dirigeants politiques africains sont mentionnés dans les dossiers de Jeffrey Epstein. Les spécialistes de justice qui ne tablent que sur des preuves indéniables, ont-ils raison de parler de prudence? Selon ces experts du droit, il est crucial de noter que le fait d'être cité dans ces documents n'indique pas nécessairement une implication dans les activités criminelles de Epstein. Cela ne constitue pas encore une preuve suffisante.
En effet, des dossiers déclassifiés, beaucoup incluent des contacts professionnels, des invités à des événements ou des cibles potentielles de lobbying. Les documents publiés début février 2026 révèlent des interactions, souvent via des intermédiaires, avec plusieurs figures de haut rang. C'est ainsi qu'on a des courriels de 2010 qui indiquent qu'Epstein aurait organisé un dîner pour un ex dirigeant sud-africain à Londres, en présence d'un mannequin russe.
Des proches de ce dirigeant en question ont nié toute conduite illégale, et qualifient ces révélations : « de déclassifications orientées.».
Au-delà de l'Afrique du Sud, des échanges qui remontent à 2013, mentionnent également une rencontre pour deux dirigeants du Kenya (un président et un ministre des Affaires étrangères pour des rencontres avec le pédo/criminel américain). En République Démocratique du Congo, le nom d'un ancien président apparaît dans des listes de réunions potentielles suite à des rencontres avec Epstein.
Les dossiers relatifs à d'autres pays font également mention de projets ou de tentatives de contacts, qui impliqueraient des dirigeants de cette époque-là au Sénégal, au Gabon au Rwanda, en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie et en Tanzanie.
ENTRE LOBBYING, FINANCES ET AGENCE DE MANNEQUINS
Jeffrey Epstein avait des contacts avec des contacts avec de nombreux dirigeants africains. Et tout ne se résumait pas à la pédo/crimialité.
Selon les analyses des documents déclassifiés en 2025 et 2026, Jeffrey Epstein n'officiait pas toujours dans le secteur sexe. Il utilisait également son réseau pour s'immiscer dans les affaires diplomatiques et économiques du continent.
Epstein cherchait également à établir des connexions pour des contrats bancaires (notamment en Somalie). Il influençait en outre les positions diplomatiques de pays africains vis-à-vis de puissances étrangères comme la Chine. S'agissant des agences de mannequins, des rapports suggèrent que certaines agences de mannequins en Afrique auraient pu servir de relais pour le trafic d'êtres humains vers les réseaux de Epstein.
L'influence des intermédiaires de luxe n'est pas non plus à exclure. Des personnalités auraient agi comme conduits pour proposer des rencontres entre Epstein et certains chefs d'État africains de l'époque.
Les enquêtes se poursuivent aux États-Unis, et d'autres publications de documents sont attendues dans les semaines à venir. Ce qui pourrait apporter de nouvelles précisions sur l'étendue de ces réseaux en Afrique.
Radji SANOUSSI depuis USA
L'Afrique en marche du 8 février 2026 No 1112


