La Chronique internationale de Salifou DIAGNE
En dépit de sa baisse de popularité aux USA, Donald Trump voit tout en rose dans son pays. Quelle grille de lecture peut-on dégager après son long discours hier.
1 h 47 mn, c'est la durée du discours du locataire de la Maison blanche, Donald Trump, pour son 2 ème discours sur l'état de la fédération après son retour au pouvoir.
Alors que les sondages affichent une mine grise, Donald Trump, lui, repeint l'Amérique en rose bonbon.
Hier, le texte de l'alchimiste de Mar-a-Lago, capture ce contraste saisissant entre sa rhétorique et la réalité actuelle.
Trump voit la vie en rose, en dépit des murmures d'une popularité en berne qui s'intensifient. Les sondages placent son approbation sous la barre des 40%. Mais pour Donald Trump, ces chiffres ne sont que de l'ordre des Fake news statistiques.
Lors de ce récent discours sur l'état de l'Union, le 47e président a préféré brandir un pinceau flamboyant pour dessiner un "nouvel âge d'or" américain.
Là où les citoyens voient une inflation persistante, il vante une économie "rugissante" comme jamais auparavant. Là où les tribunaux bousculent ses politiques de tarifs douaniers, il célèbre un "redressement historique".
Pour Trump, l'Amérique n'est pas en crise, mais elle est en pleine métamorphose chromatique, une Nation où chaque défi est une opportunité de briller plus fort. C'est là tout le paradoxe de sa "vision rose" : un optimisme musclé qui fait fi des vents contraires.
À quelques mois des élections de mi-mandat de 2026, il mise sur ce récit enchanté pour convaincre une Nation sceptique que, sous son aile, le ciel n'a jamais été aussi radieux.
À LA CANTINE DE TRUMP
Que l'on y croie ou non, une chose est sûre. C'est que dans le monde de Trump, le rose n'est pas une couleur, c'est une promesse de victoire. Avec sa gouvernance, les Américains mangent bien et vivent à merveille.
Donald Trump, fidèle à lui-même, continue de marquer son second mandat par ses méthodes de glorification.
Quand Trump fait du Trump, le monde observe une scène familière. En effet, le président américain ne s'embarrasse d'aucune transition feutrée pour imposer sa vision radicale de « l’Amérique d’abord ».
Lors de ce discours sur l'état de l'Union, il a transformé cet exercice institutionnel en un véritable meeting de campagne, qui mêle auto-congratulations et attaques frontales contre ses opposants.
L'ÉQUIPE NATIONALE DE HOCKEY ET SON TROPHÉE
Au-delà du discours, le grand marqueur hier, c'est le recours à l'équipe nationale américaine triomphale de Hockey dimanche dernier en finale des jeux olympiques d'hiver face au Canada (2-1).
Indissociable du style Trump, le discours d'hier demeure un défi aux institutions. Alors que la Cour suprême a invalidé ses tarifs douaniers d'urgence le 20 février 2026, le président a immédiatement répliqué en imposant une nouvelle taxe de 10 % sur toutes les importations.
Il affirme disposer du pouvoir légal de conclure des accords « bien pires » pour ses partenaires s'ils ne plient pas.
La diplomatie du spectacle et de la menace était également de la partie. Fidèle à sa rhétorique belliqueuse, il a de nouveau brandi la menace d'une intervention militaire contre l'Iran si aucun accord nucléaire n'était conclu, tout en vantant ses capacités d'actions chirurgicales.
En clair, hier, Trump a fait du Trump avec son style, celui de transformer chaque revers juridique en un nouveau front de bataille et chaque discours en un acte de défi.
Donald Trump confirme que pour lui, le chaos est un outil de pouvoir et la provocation, une signature indélébile.
L'Afrique en marche du 25 février 2025 No 1124


