Dans le silence assourdissant des relations internationales, la démonstration de puissance entre Donald Trump et Xi Jiping n'oblige t'elle pas davantage des ralliements?

Au nom de la guerre de suprématie entre les USA et la Chine, les autres puissances doivent cesser leur refus de plier et dessiner une frontière nécessaire entre l'adhésion et la conviction.

Il y a quelque chose de magistral dans cette hégémonie choisie des deux. Désormais, soit vous refusez les sirènes des USA pour rappeler que la puissance n'est pas un aimant auquel tout doit s'agglutiner.

Soit les autres acceptent le miroir chinois qui a besoin d'un regard extérieur pour ne pas s'aveugler lui-même. Ou encore, on peut rejeter le modèle chinois et faire déférence aux États-Unis.

Désormais, face à ces deux superpuissances,  la posture des autres doit être le dernier rempart contre cette pluralité qui agonise.

Face à ce duel, une question essentielle vient à l'esprit : Les autres ont-ils les moyens de leur politique pour ignorer à la fois ces deux géants dont l'ombre donne soit du relief à la lumière, soit la dissonance qui sauve l'unisson face à leur suprématie ? 

C’est là que réside votre noblesse : maintenir une porte ouverte là où ces deux qui dominent le monde cherchent à verrouiller le consensus.

Pourtant, cette noblesse frôle parfois l'inertie du vestige. À force de cultiver la pureté de la distance, les autres ne risquent-ils pas de devenir une île déserte, magnifique mais inhabitable ? 

La critique est un art, mais elle devient un mirage lorsqu'elle s'enferme dans le refus systématique sans proposer d'horizon tangible. 

On finit par se demander si l'absence des autres à l'heure du banquet à deux ( USA et Chine), est un sacrifice sacré ou simplement l'aveu d'une incapacité à bâtir avec ou sans les deux géants ?

ENTRE DILEMME ET ÉMANCIPATION 

Les autres peuvent-ils être des sentinelles qui disent « non », face à  ces deux architectes qui dessinent un monde «ailleurs »?

La résistance des autres doit passer par une capacité d'adaptation ou une leçon de dignité.

Cependant, les autres doivent savoir jouer pour que leur stratégie de riposte ne devienne leur propre prison. 

On ne peut pas éternellement définir son identité par ce que l'on refuse. Il viendra un temps où le silence des principes devra se transformer en un fracas des solutions.

L'Afrique en marche du 15 mai 2026 No 1181