Le processus d’élection du successeur de Pierre prend un virage décisif ce 7 mai avec le début du conclave. À cette occasion, dès l'entrée des 133 cardinaux électeurs, un serment collectif sera prononcé.
Le conclave commence solennellement par la messe "Pro eligendo Romano Pontifice" c'est- à-dire pour l'élection du Pontife romain).
À cette étape, les cardinaux électeurs demandent au Seigneur de guider le choix du successeur de Pierre.
Ensuite, les cardinaux, revêtus de leurs habits de chœur (soutane rouge, rochet, mozette et barrette), forment une procession solennelle vers la Chapelle Sixtine, en chantant la litanie des saints, suppliant l’intercession de tous les membres du Ciel.
Arrivés à la chapelle, lieu fermé à toute influence extérieure, ils prêtent un serment collectif, témoignage solennel de leur engagement devant Dieu et l’Église.

SERMENT COLLECTIF...
« Nous tous et chacun de nous, Cardinaux présents dans cette élection du Souverain Pontife, promettons, nous engageons et jurons d’observer scrupuleusement et fidèlement toutes les prescriptions contenues dans la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis du Souverain Pontife Jean-Paul II […]. Nous promettons, nous engageons et jurons que quiconque parmi nous sera élu Souverain Pontife s’engagera à exercer fidèlement le munus Petrinum de Pasteur de l’Église universelle […]. Nous promettons et jurons d’observer le secret absolu […]. Nous faisons tout cela sous la foi, en présence de Dieu, que nous prendrons à témoin dans le jugement dernier. Ainsi Dieu nous aide et ces saints Évangiles que nous touchons de nos mains.».
...2 ÈME NIVEAU DE SERMENT
Chacun des cardinaux s’avance alors individuellement, pose sa main sur l’Évangile déposé sur l’autel, et déclare :
« Et moi, [Nom], Cardinal [Nom], je le promets, m’y engage et le jure. Par le saint Évangile que je touche de ma main ».
EXTRA OMNES : QUE TOUS SORTENT...
Une fois les serments prêtés, le Maître des Cérémonies ordonne l’exclusion de toutes les personnes non électrices présentes dans la chapelle.
Le célèbre commandement latin « Extra omnes ! », c'est-à-dire : « Que tous sortent ! » est prononcé.
Désormais, seuls restent les cardinaux électeurs, isolés du monde, pour écouter une méditation spirituelle préparatoire sur l’esprit d’élection.
...PHASE ÉLECTIONS ET ENCORE SERMENT
Le processus de vote commence ensuite. Chaque scrutin est soigneusement encadré pour garantir liberté, sincérité et secret.
Chaque cardinal reçoit un bulletin de vote. En secret, il inscrit le nom de celui qu’il estime être, sous la lumière de l’Esprit Saint, le plus apte à devenir Vicaire du Christ.
Puis, avant de déposer son bulletin dans l’urne, chaque cardinal s’approche de l’autel et prononce un second serment individuel :
« Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne mon vote à celui que, devant Dieu, je juge devoir être élu.».
Il place ensuite son bulletin dans une urne spéciale posée sur l’autel, en toute solennité.
Une fois tous les bulletins déposés, ils sont comptés pour vérifier que leur nombre correspond exactement à celui des électeurs présents.
DÉCOMPTES DES VOIX...
Trois cardinaux scrutateurs tirés au sort ouvrent ensuite les bulletins un à un.
À voix haute, ils lisent le nom inscrit et l’inscrivent sur une feuille officielle. Cette transparence solennelle prévient toute fraude ou manipulation.
...RÉSULTATS
Pour être élu pape, un cardinal doit obtenir une majorité des 2/3 des votes. Par exemple, avec 133 électeurs cette fois-ci, il faut obtenir 89 voix.
Cette exigence élevée garantit que l’élu bénéficie d’un soutien large et non d'une simple majorité relative.
Après chaque dépouillement, si un cardinal obtient les deux tiers des voix, il est immédiatement interrogé :
QUESTION À QUI DE DROIT...
« Acceptes-tu ton élection canonique au Souverain Pontificat ? »
Si l’élu accepte, alors son élection est confirmée : les bulletins sont brûlés avec une fumée blanche (fumata bianca) pour annoncer au monde qu’un nouveau Pape a été donné à l’Église.
Si l’élu refuse, ou si aucun cardinal n’a obtenu la majorité requise, alors la fumée est noire (fumata nera) et le processus de scrutin continue.
...QUAND IL DIT OUI
Lorsque l'élu accepte, il est alors invité à choisir son nom pontifical, signe de sa mission nouvelle (comme Simon reçut le nom de Pierre).
Puis, il revêt la soutane blanche préparée à l'avance. (Selon le Vatican, pour ce conclave, une seule soutane est prête à l'avance contrairement aux trois d'antan pour s'adapter provisoirement aux différentes morphologies).
FÉLICITATIONS DU CORPS ÉLECTORAL...
Les cardinaux viennent un à un rendre hommage au nouveau Pontife élu.
...HABEMUS PAPAM
Enfin, le peuple chrétien est averti par l’annonce solennelle faite depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre : «Habemus Papam ! », c'est-à-dire : « Nous avons un Pape ! ».
BÉNÉDICTIONS URBI ET ORBI...
Le nouveau Souverain Pontife, après avoir donné sa première bénédiction Urbi et Orbi, commence son ministère en successeur de saint Pierre, comme Vicaire du Christ sur terre, pasteur de toute l’Église et serviteur des serviteurs de Dieu.
Avec l'élection du pape, le temps d’attente et de prière appelé "Sede vacante" est terminé.
Titus L. FOLLY ex de la Communication de Benoît XVI.
lafriqueenmarche du 6 mai 2025 No 899

