L'Editorial de Murielle MENSAH 

Selon les résultats provisoires publiés le 17 janvier 2026, suite aux  élections législatives du 11 janvier 2026 au Bénin, la mouvance présidentielle a gagné. Cependant, cette victoire marque un tournant politique majeur avec le retour à une Assemblée nationale quasi intégralement contrôlée par la mouvance présidentielle. Et revoici le tube : " Parlement monocolore" à quelle fin? 

Les résultats clés provisoires font des deux principaux partis pro-Talon, les dépositaires pour se  partager l'intégralité des 109 sièges du Parlement. Dans la matérialité des chiffres, l'Union progressiste le renouveau (UPR) avec  60 sièges et le Bloc républicain (BR) dispose de 49 sièges.

Avec ces résultats, l'opposition incarnée surtout par le parti "Les Démocrates", bien qu'ayant recueilli environ 16,14 % des voix au niveau national, obtient zéro siège. Cette élimination s'explique par le relèvement du seuil électoral à 20 % des suffrages par circonscription, une règle qui a empêché l'opposition d'obtenir une représentation parlementaire malgré son poids électoral global. 

En dépit de cette victoire éclatante de la mouvance, le tube "Parlement monocolore" loin d'un style fleuri, qui  utilise des polices de caractères ornementales, tourne en boucle.

En effet, le mot "monocolore" après 2019, va encore s'écrire avec chaque lettre  entrelacée, loin de fleurs, de feuilles et de motifs botaniques.

Mieux, loin d'utiliser un design graphique monochrome (noir et blanc), ce mot va malheureusement permettre de conserver l'aspect d'une seule couleur partisane, celle de la mouvance présidentielle, tout en offrant une esthétique riche et complexe à la vie politique béninoise. Durant la prochaine législature de sept ans avec des lettrages qui régressent la démocratie béninoise.

ENJEUX D'UN PARLEMENT MONOCOLORE 

Le retour à une configuration parlementaire sans opposition (similaire à celle de 2019), soulève plusieurs enjeux critiques pour la gouvernance politique du pays.D'abord, en matière de contrôle de l'action gouvernementale, l'absence de l'opposition au Parlement réduit considérablement les mécanismes de contre-pouvoir et de redevabilité de l'exécutif. 

En effet, le Parlement risque de redevenir une "chambre d'enregistrement" pour les réformes du gouvernement.

Mieux, pourquoi Boni Yayi et son parti conscients qu'ils seront incapables de franchir les 20% n'ont pas daigné conclure une alliance ?

Conséquences, la préparation de la présidentielle 2033, va assurer un contrôle total du Parlement pour la mouvance pour le scrutin présidentiel dans sept ans. 

Le système de parrainage (nécessitant des signatures de députés ou maires) pourrait limiter, voire bloquer les candidatures de l'opposition si aucun accord politique n'est trouvé pour 2033. Parlant de légitimité et de pluralisme, l'échec de l'opposition, malgré un score national significatif, ravive les débats sur le pluralisme démocratique au Bénin. 

Les résultats des dernières législatives valident le nouveau code électoral pour favoriser les "grands ensembles" politiques. Ceux qui juraient à l'avènement de ce Code électoral qu'il faut aller aux assises vont-ils reprendre leur trompette? 

L'Afrique en marche du 19 janvier 2026 No 1096