L'administration américaine mène une offensive majeure contre le "tourisme de naissance" (birth tourism), une pratique qui consiste pour des femmes enceintes étrangères dont des Africaines à se rendre aux États-Unis pour y accoucher afin de faire bénéficier automatiquement leur enfant de la nationalité américaine.
Cette situation place de nombreuses ressortissantes africaines dans une position extrêmement précaire, marquée par des annulations massives de visas et un contrôle drastique.
PILULE DIFFICILE À AVALER
Le département d’État américain a officiellement annoncé le démantèlement de vastes réseaux organisés opérant en Afrique et en Europe. Ces filières utilisaient des documents frauduleux et des intermédiaires (visa fixers) pour faire obtenir des visas de tourisme à des femmes enceintes.
Dans le cadre du démantèlement des réseaux et annulations de visas, plus d'une centaine de visas ont été révoqués par une seule ambassade en Afrique du Nord, ciblant des parents dont le but principal était l'accouchement.
Plusieurs fraudeurs et facilitateurs ont été définitivement bannis du territoire américain.
Pour tarir le flux, les États-Unis prévoient de réduire drastiquement le nombre de consulats autorisés à délivrer des visas sur le continent africain, passant de cinquante à seulement vingt représentations.
C'est un durcissement politique et légal global. Cette répression s'appuie sur des directives strictes en matière d'immigration.
Bien que le droit du sol soit inscrit dans la Constitution américaine (14e amendement), les autorités attaquent le problème à la racine, c'est-à-dire lors de l'octroi du droit d'entrée.
Désormais, les officiers consulaires ont l'obligation de refuser un visa de visiteur (B1/B2) s'ils ont des raisons de croire que le motif principal du voyage est l'accouchement.
Voyager pour obtenir la citoyenneté d'un enfant n'est pas considéré comme une activité touristique ou de plaisir légitime.
Mentir sur son état de grossesse ou cacher le but réel de son séjour lors de l'entretien constitue une fraude migratoire. Les risques et conséquences pour les mamans africaines qui tentent malgré tout de contourner ces règles, les conséquences financières et humaines sont lourdes.
Au regard de cette situation, il y a un risque d'expulsion. Si un bébé né sur le sol américain obtient constitutionnellement la nationalité, cela ne donne aucun statut légal aux parents.
La mère peut être expulsée immédiatement après l'accouchement. En effet, un accouchement aux États-Unis sans assurance locale coûte entre 20 000 et 50 000 Dollars.
Les femmes utilisant les aides publiques américaines (comme Medicaid) pour couvrir ces frais sont fichées et privées de renouvellement de visa à l'avenir.
Ce ciblage pénalise l'ensemble des voyageuses africaines. Les femmes d'affaires ou les touristes légitimes, dès lors qu'elles sont visiblement enceintes, font face à un niveau de suspicion et de contrôle extrêmement élevé aux frontières et dans les ambassades.
Olga HOUÊVI
L'Afrique en marche du 13 juin 2026 No 1201

