Par Wilfried GBÊGAN (correspondant Au Nigeria)
Ce choix de Wadagni de choisir le Nigeria comme 1er pays pour son septennat est un acte géopolitique magistral.
Ce déplacement chez de Bola Tinubu à Abuja marque une rupture subtile et hautement stratégique dans la diplomatie ouest-africaine du fait de ses tonalités pour valoriser l'éveil de l'axe Cotonou-Abuja
En diplomatie, le premier regard fixe l’horizon, mais le premier pas désigne l’ancrage. En choisissant la terre du Nigeria pour sa toute première sortie officielle, le président Wadagni n’a pas simplement franchi une frontière géographique ; il a aboli les distances artificielles pour réveiller une vérité organique.
Ce choix n'est pas un protocole, c'est un manifeste silencieux. Celui d’un Bénin qui assume sa vocation de pont, de catalyseur et de partenaire indissociable du poumon économique du continent qu'est le Nigeria.
Là où d'autres se tourneraient instinctivement vers les capitales lointaines pour chercher une légitimité, le nouveau chef de l'État béninois a choisi la Realpolitik de la proximité et de la fraternité.
DERRIÈRE CE VOYAGE
Wadagni pose les fondations d'une prospérité partagée, scellée par l'économie, la sécurité et l'histoire commune. C'est le signal d'une Afrique consciente d'elle-même, qui résout ses équilibres de l'intérieur, d'égal à égal, entre voisins condamnés à réussir ensemble.
Par ce geste de haute diplomatie, le nouveau chef d'Etat n'envoie pas seulement un message à Abuja. Il murmure au reste du monde que l'avenir de notre sous-région se dessine désormais ici, maintenant, avec audace et pragmatisme.
Le leadership ne se proclame pas, il s’oriente. Et la boussole béninoise pointe résolument vers la grandeur commune.
Pourquoi ce choix est un coup de maître? En effet, la primauté de l'économie réelle pourrait être un point d'ancrage important.
Ancien ministre de l'Économie et des finances, Romuald Wadagni sait que le marché nigérian est le moteur naturel du Bénin. Ce voyage affirme une priorité : traduire la croissance macroéconomique en opportunités concrètes et commerciales pour les populations.
En consolidant immédiatement l'axe avec le Nigeria, le président Wadagni se positionne comme un stabilisateur régional incontournable au sein de la CEDEAO.
Il est donc prêt à consentir à un climat propice à la résolution des tensions frontalières et sécuritaires.
En ignorant les corridors diplomatiques traditionnels extra-continentaux pour sa première sortie, Romuald Wadagni impose une identité de leader pragmatique, tourné vers des solutions africaines aux défis africains.
L'Afrique en marche du 1 er juin 2026 No 1192

