La Chronique internationale de Salifou DIAGNE
Le jour où les frontières s'effacent sous le soleil universel en Afrique du Sud est arrivé. La xénophobie en cours en Afrique du Sud contre les Africains va-t-elle saigner d’une blessure étrangère?
En Afrique du Sud, la xénophobie dévore tout sous le ciel où l'ombre de l'arbre unique, un grand arbre dont les racines buvaient à la même terre, du fleuve Congo (RDC) au delta du Niger à Lagos (Nigeria).
Pendant la longue nuit de l'hiver blanc, toutes les branches de l'arbre se sont courbées ensemble. Elles ont partagé la sève de la résistance, ouvert leurs bras pour abriter ceux que le vent de l'injustice chassait de chez eux.
Ensemble, elles attendaient l'aube. Cette dernière est venue, baignée d'une lumière couleur arc-en-ciel.
Mais aujourd'hui, une étrange amnésie frappe le jardin. Une branche se tourne vers la branche voisine et lui dit : « Tu prends ma lumière, tu n'es pas d'ici.».
D'où le bâton de la peur qui s'est levé, oubliant que la sève qui coule dans le bois est la même qui a nourri la liberté d'hier.
On trace des frontières dans la chair de ceux qui ont pourtant porté les briques de la maison commune avec les reflets dans le miroir du continent.
Malheureusement, le visage que l'Afrique du Sud qui repousse les autres, a les mêmes traits. Quand les Sud-Africains brûlent la case du frère réduite en cendres, ils ont oublié les dettes de sang et de solidarité. Les Sud-Africains ont choisi l'aveuglement de l'oppresseur.
Après l'apartheid, les Sud-Africains noirs ne doivent laisser la nuit revenir par leurs propres mains.
Que les Sud-Africains doivent comprendre que les Africains présents chez eux ne sont pas des étrangers sous le soleil africain, mais les feuilles du même arbre.
POURTANT LA MÊME MÉLANINE
Sur la terre de Mandela, là où l'arc-en-ciel devait guérir la nuit, une étrange brume s'est levée ce jour. Les frontières s'effacent sous le soleil universel.
Pourtant, ceux qui pourchassent d'autres Africains ont la même mélanine, le même héritage de larmes et de chaînes brisées.
C'est un drame absolu de voir une main sombre qui repousse une main identique, oubliant que le sang versé a la même couleur et la même mémoire.
Dans les rues de Gauteng ou du Cap, ce n'est plus l'oppresseur d'hier qui dicte la peur. C'est le frère qui croise le regard farouche du frère africain.
L'Afrique se combat elle-même dans une douloureuse amnésie, oubliant que l'accueil était hier le ciment de sa liberté.
Aujourd'hui, on barricade les portes contre ceux qui se ressemblent, pendant que la terre, elle, se souvient que nous sommes nés de la même matrice.
Quel dommage !
L'Afrique en marche du 30 juin 2026 No 1216

