La demande de mise en liberté sous caution de Kémi Seba a été au coeur d'une nouvelle audience hier 8 juin au tribunal de Pretoria. Au finish, l'activiste béninois n'a pas eu gain de cause. Le verdict a été reporté.

La justice sud-africaine devrait trancher hier 8 juin 2026, la demande de mise en liberté sous caution de Kémi Seba. Au terme de l'audience,  rien n'y fit. L'activiste devra attendre encore quelques jours pour être fixé sur son sort, car le tribunal de Pretoria a décidé de reporter son verdict au mercredi 18 juin 2026.

L'activiste panafricaniste reste donc maintenu en détention provisoire en Afrique du Sud jusqu'à sa prochaine audience.

La justice sud-africaine a indiqué avoir besoin de temps supplémentaire pour délibérer après les plaidoiries finales présentées ce 8 juin.


...DES VENTS CONTRAIRES QUI METTENT EN DIFFICULTÉ KÉMI SEBA?

Cette demande qui n'est pas tranchée focalise plus en plus l'attention en Afrique du Sud, dans un pays confronté depuis deux mois à une vague de xénophobie et à chasse à l'homme qui a déjà fait près d'une dizaine de morts.

La justice sud-africaine peut-elle libérer Kémi Seba sous caution dans un contexte si électrique? 

Arrêté à la mi-avril pour des infractions présumées aux lois migratoires (dépassement de la validité de son visa), Kémi Seba, a déposé une demande d'asile politique.

Alors qu'on croyait à  une suite logique d'un mécanisme institutionnel pour sa mise en liberté sous caution, l'atmosphère xénophobe place de plus en plus Kémi Seba dans une posture d'extrême vulnérabilité, et ce, pour plusieurs raisons.


D'ABORD, de nombreux Sud-africains jurent depuis deux mois que leur pays doit cesser d'être une terre d'asile systématique.


ENSUITE, des Sud-africains dans un contexte d'expéditions punitives contre les étrangers en situation illégale exigent la rigueur des textes de loi et récusent la rhétorique de la victimisation..

Au tribunal de Pretoria ce lundi 8 juin, certains Sud-africains ont sans cesse réclamé la rigueur de la loi face à la stratégie du fait accompli et des passeports diplomatiques d'emprunt de la part de Kémi Seba. 

Pour certains Sud-africains présents au tribunal de Pretoria, la rigueur de la loi ne doit se heurter à la complaisance contre ceux qui violent la souveraineté de leur pays avec une esquive politique déconcertante.


CEPENDANT, DES ADMIRATEURS POUR KEMI SEBA...

Toujours à cette audience de ce 8 juin, Kémi Seba avait également quelques partisans.

En dépit du contexte de détestation générale orchestrée dans le pays actuellement contre les étrangers, certains Sud-africains sympathisants de Kémi Seba pensent que l'activiste béninois obtiendra sa mise en liberté sous caution, car son dossier ne doit être une affaire politique, mais celle du droit. Et face au droit, le bruit ne suffit pas.

Rappelons qu'au pays de Mandela, l'opinion a également les yeux rivés sur l'audience du 14 juillet prochain.

Ce jour-là, une audience distincte est fixée pour examiner formellement la demande d'extradition émise par le Bénin contre Kémi Seba.

En effet, les autorités béninoises poursuivent le panafricaniste anti-français pour blanchiment de capitaux et apologie de crime en lien avec la tentative de coup d'État du 7 décembre 2025.


John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud 


lafriqueenmarche du 9 juin 2026 No 1197