En Afrique, certains pays se distinguent, car ils réussissent à mieux mobiliser leurs ressources.

Tunisie, Lesotho, Namibie, Afrique du Sud et Maroc réussissent une meilleure mobilisation de leurs ressources intérieures, principalement à travers des systèmes fiscaux performants et une forte structuration de leur administration publique.

Selon les données de l'OCDE issues du Rapport de statistiques des recettes publiques en Afrique, le taux moyen de mobilisation des recettes fiscales sur le continent s'établit à 16,1 % du PIB.

Cependant, plusieurs pays se placent largement au-dessus de cette barre. 

Ces pays ci-dessus cités, sont des leaders au regard du taux de prélèvement fiscal (Ratio Impôts/PIB) avec l'indicateur de référence. Ce critère permet de mesurer l'efficacité de la Mobilisation des ressources intérieures (MRI) qui est le ratio des recettes fiscales par rapport au PIB.

LEADERS INCONTESTÉS 

D'abord, on a la Tunisie. Ce pays caracole en tête sur le continent avec un ratio atteignant 34,0 % de son PIB. Sa force repose sur un tissu économique formellement plus structuré et une administration fiscale hautement performante.

Ensuite, il y a le Lesotho qui dépasse la barre des 30,4 %. Une grande partie de ses ressources est captée via les recettes douanières et les mécanismes régionaux (comme l'Union douanière d'Afrique australe - SACU).

La Namibie et l'Afrique du Sud ne sont pas à oublier. Ces deux puissances régionales affichent des ratios robustes oscillant entre 26 % et 27 %. 

Ces deux pays disposent de systèmes de collecte d'impôts sur le revenu (pour les particuliers et sociétés) parmi les plus matures du continent.

On a également le Maroc. Avec un cadre institutionnel solide, le Royaume réussit à convertir efficacement ses réformes fiscales et son industrialisation en recettes publiques régulières, maintenant sa position de leader en Afrique du Nord.

Au-delà des simples chiffres, l'analyse des performances économiques mondiales et africaines met en avant des pays dont la gouvernance permet de maximiser chaque ressource.

Parmi les champions de la transformation et des réformes structurelles, il y a le Rwanda. Bien que son ratio brut soit plus modeste, le pays est cité en exemple pour ses réformes technologiques accélérées. 

La numérisation de son administration fiscale et la lutte stricte contre la corruption en font l'un des pays les plus efficaces pour collecter l'impôt sans étouffer son économie.

L'Île Maurice est également un cas exemplaire. Ce pays se distingue par une stratégie mixte. D'un côté, il y a un taux d'imposition sur les sociétés attractives(15 %), mais une assiette fiscale élargie grâce à un écosystème d'innovation financière et de services très développés.

Le Gabon et la Guinée Équatoriale sont également cités. Ces pays ont enregistré les plus fortes hausses récentes de leur mobilisation fiscale (progressions de plus de 3 à 4 points de pourcentage), portées par l'optimisation des recettes issues du secteur extractif.

Les pays africains qui performent le mieux partagent trois leviers majeurs, mis en avant par l'Union Africaine et le Forum mondial sur la transparence fiscale.

Frédéric TOURÉ correspondant en Côte d'Ivoire 

L'Afrique en marche du 24 juin 2026 No 1210