L’Arbitrage au terme de la Can 2025 est-il entre récupération politique, défis techniques et controverses?
La Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc a offert un spectacle passionnant durant la compétition. Mais au‑delà des exploits des joueurs, l’un des sujets les plus débattus dans les tribunes, les médias et auprès des supporters, reste l’arbitrage. Entre décisions controversées, panne du système VAR et sanctions pour insultes envers les arbitres, sans oublier surtout les tenants et aboutissants d'une finale chaotique, le tournoi n’a pas manqué d’alimenter la discussion sur la qualité et l’impact des officiels.
POURTANT DE LA BONNE GRAINE
Au Maroc, il y avait une grande diversité d’arbitres mobilisés. En effet, pour cette édition de la Can, la Confédération africaine de football (CAF) a désigné 73 arbitres provenant de différents pays du continent.
Parmi eux, il y avait des arbitres centraux, des assistants et des officiers VAR, afin d’assurer les rencontres du tournoi. Dans le rang des désignés, on trouve des officiels issus d’Algérie, du Gabon, du Maroc, de Mauritanie ou encore d’Égypte et même une femme arbitre VAR, Shamira Nabadda d’Ouganda. Cette diversité illustre l’effort de la Caf pour assurer une représentativité continentale dans l’arbitrage, mais aussi pour améliorer le niveau global des décisions sur le terrain.
VAR, LE CORPS MALADE ?
Si la VAR est un outil puissant, ses défaillances parfois ne compliquent-elles pas les choses?
En effet, le système d’Assistance Vidéo à l’Arbitrage (VAR) est censé réduire les erreurs manifestes et clarifier les décisions cruciales dans les zones clés, notamment les penalties et les expulsions. Pourtant, au cours du tournoi, le VAR a parfois été au centre des critiques.
Un cas emblématique s’est produit lors de la rencontre RD Congo–Bénin, où le système VAR, a subi une panne technique pendant une bonne partie de la seconde période. À cause de cette défaillance, un possible penalty pour le Bénin après un contact de main dans la surface n’a pas pu être validé ni rejeté via la vidéo, suscitant une vive polémique parmi les joueurs et les supporters.
Ce type de problème technique a relancé les discussions sur la fiabilité du VAR dans les compétitions africaines, particulièrement après des attentes élevées suite à la précédente édition.
RÈGLEMENT, UN AUTRE CAS
Durant ce tournoi, il y a aussi des controverses et interprétations divergentes.
En effet, même lorsque la technologie fonctionne, certaines décisions restent controversées en raison des zones d’interprétation dans le règlement.
Par exemple, pendant le même match entre le Bafana Bafana sud‑africain et l’Égypte, des choix arbitrés concernant des mains ou des contacts ont été jugés discutables par plusieurs observateurs avec des situations où l’on a vu des décisions cruciales ne pas faire l’unanimité.
Dans un autre match du groupe impliquant la Tunisie et le Nigeria, un penalty accordé après contact entre le ballon et le bras d’un joueur nigérian, jugé par certains comme discutable sur l’interprétation de la position du bras, a également alimenté le débat sur la cohérence des décisions arbitrales.
Au‑delà des choix sur le terrain et de l’usage de la technologie, l’arbitrage a aussi été au cœur d’incidents disciplinaires.
En effet, des comportements ont été sanctionnés après des tensions sur le terrain
À l’occasion d’un match de la phase de groupes, deux joueurs de la Guinée équatoriale ont été suspendus pour avoir insulté un arbitre après une défaite 1‑0 contre le Soudan.
Ce qui met en évidence les tensions qui peuvent surgir autour des décisions arbitrales. Par ailleurs, le capitaine du Burkina Faso, Bertrand Traoré, a été condamné à une amende par la Caf pour des propos jugés offensants envers l’arbitre ghanéen Daniel Nii Ayi Laryea après la défaite de son équipe.
Ces mesures montrent que la gestion des relations entre joueurs et officiels est aussi un enjeu important du tournoi.
ARBITRAGE SOUS FORTE PRESSION
L’arbitrage africain est sous les projecteurs, au terme de cette Can 2025.
En effet, le tournoi marocain, a montré que l’arbitrage, tout comme le jeu des équipes, est un élément fondamental dans le déroulement d’un grand tournoi continental. Entre choix humains, technologies parfois capricieuses et réactions des acteurs du jeu, les officiels ont parfois été sous forte pression.
Malgré plusieurs décisions controversées, certains observateurs estiment que la performance globale des arbitres reste un niveau compétitif pour une compétition de cette ampleur, bien que perfectible.
Après la Can 2025, l’arbitrage continuera de jouer un rôle essentiel potentiellement encore plus décisif dans des matchs à enjeux directs.
La manière dont la Caf et les officiels gèreront les matchs sous haute tension pourrait influencer à la fois les résultats et l’image du football africain sur la scène internationale.
Sylvestre Wa DONDO
L'Afrique en marche du 18 février 2026 No 1119

