La Banque africaine de développement (BAD) préconise une approche structurée pour freiner les Flux financiers illicites (FFI) et l'évasion fiscale, qui coûtent des dizaines de milliards de dollars par an à l'Afrique. 

Au nombre des stratégies, on a l'amélioration de la transparence, de la refonte des cadres législatifs et du renforcement des institutions locales.

MÉCANISMES D'ÉCHANGES D'INFORMATIONS FINANCIÈRES...

Premièrement, il s'agit de la Transparence fiscale et de l'échange de renseignements.

Par le biais de l'échange automatique d'informations (EAI), la BAD soutient activement l'implémentation de mécanismes d'échange d'informations financières entre États pour tracer les comptes cachés à l'étranger.

En collaboration avec le Forum mondial, la BAD appuie ce programme régional pour équiper les administrations fiscales en outils numériques de détection des fraudes transfrontalières.

Par les registres des bénéficiaires effectifs,  la BAD incite les gouvernements à rendre obligatoires les registres publics détaillant l'identité réelle des propriétaires d'entreprises, empêchant l'usage de sociétés écrans.

En 2 ème position, la BAD soutient le renforcement législatif et la fiscalité internationale.

Avec l'alignement sur les normes BEPS, la Banque africaine de développement encourage l'adoption des standards de l'OCDE contre l'érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéfices afin de contrer les montages fiscaux agressifs des multinationales.

Par rapport à la révision des conventions de double imposition (CDI), la BAD recommande de renégocier les traités bilatéraux asymétriques pour s'assurer que les bénéfices des entreprises soient taxés là où la valeur économique est réellement créée.

Par le soutien à une convention fiscale de l'ONU, l'institution appuie officiellement l'initiative du Groupe africain pour l'établissement d'une gouvernance fiscale mondiale plus inclusive sous l'égide des Nations Unies.

... ENTRE ÉTATS POUR TRACER LES COMPTES  CACHÉS 

Au 3 ème point, la BAD mise sur la modernisation des administrations fiscales nationales et la numérisation des processus. 

Ce qui passe par le déploiement de technologies modernes (plateformes de paiement en ligne, registres numériques). Ce qui contribue à réduire les déclarations frauduleuses et d'élargir l'assiette fiscale.

La formation technique des contrôleurs passe par le financement des programmes de renforcement des compétences pour que les agents locaux maîtrisent l'audit des prix de transfert et les circuits financiers complexes.

En ce qui concerne les plans d'action nationaux contre les FFI, la BAD invite chaque pays à concevoir une feuille de route interinstitutionnelle liant la police financière, la justice et les douanes pour une répression coordonnée.

En dernière position, les cadres fiduciaires internes font que le Partenariat sur les finances illicites exige une mobilisation politique pour créer une coalition d'États engagés à appliquer rigoureusement les lois de lutte contre le blanchiment de capitaux.

Et pour finir ce point, la BAD collabore avec des ONG africaines pour documenter les abus fiscaux commis dans les secteurs clés comme l'extraction minière. 

Le dialogue avec la société civile dans ce cadre est donc salutaire pour vaincre l'évasion fiscale.

Frédéric TOURÉ correspondant en Côte d'Ivoire 

L'Afrique en marche du 24 juin 2026 No 1210