Le geste du président de la Fifa, Gianni Infantino, brandissant le drapeau de l'Égypte lors du match Colombie-Suisse pour apaiser la colère des supporters après l'élimination controversée des "Pharaons" face à l'Argentine, balance subtilement entre la diplomatie calculée et le spectacle de communication. Cependant, Gianni Infantino a-t-il convaincu?  

Cette mise en scène surfe de l'ombre à la lumière. En effet, cette trouvaille de Gianni Infantino n'est que le miroir d'un geste avec l'art du baume diplomatique

Le président Infantino en élevant ce tissu tricolore, s'efforce d'humaniser une institution souvent jugée froide et bureaucratique. 

PARATONNERRE ÉMOTIONNEL

Gianni Infantino se place avec le paratonnerre émotionnel en protecteur des déçus. Malheureusement, c'est  l'illusion d'une empathie universelle.

Ce geste du président du Fifa agit comme un puissant anesthésiant visuel. Il détourne instantanément l'attention des caméras du litige arbitral vers une image de communion symbolique.

Brandir ce drapeau salue indirectement l'épopée historique de l'Égypte. Il valide la place centrale du football africain dans le récit de cette Coupe du monde 2026 avec reconnaissance et ferveur.

Cependant, l'objectif de cette théâtralité est très loin d'être atteint. Le président Infantino agit comme un drapé de la culpabilité. Agiter le drapeau égyptien quelques heures après des décisions de la VAR lourdement contestées ressemble à s'y méprendre à un aveu de malaise. 

C'est l'art d'offrir un symbole pour ne pas avoir à offrir de justice.

En choisissant d'arborer les couleurs d'une Nation blessée au milieu d'un autre duel (Colombie-Suisse), le président de la Fifa n'a convaincu personne avec sa posture d'arbitre impartial. 

Le protocole s'efface devant le pur besoin de relations publiques, car le cynisme du marketing global restera à jamais au terme de cette Coupe du monde. 

Infantino a voulu soigner ses audiences. Une fois le verdict consommé, l'émotion des supporters devient un simple contenu visuel destiné à éteindre l'incendie sur les réseaux sociaux.

Infantino le fascinant a tenté parfaitement de transformer les larmes égyptiennes en paillettes. 

DANS L'INDIFFÉRENCE TOTALE 

Dans les tribunes feutrées, le président Infantino agite un drapeau comme on agite un miroir aux alouettes. Gianni Infantino tente de calmer la colère égyptienne en agitant le sacré drapeau égyptien comme un emblème de souveraineté.

Mais, Infantino s'aperçoit finalement que son message ne passe pas, car le drapeau égyptien n'est pas un simple tissu dans les mains.

Au finish, son pansement médiatique appliqué à la hâte sur une plaie encore béante, n'a pas eu l'écho favorable pour les amoureux du jeu.

Pour les esprits lucides, c'est l'hypocrisie suprême du spectacle. On ne répare pas un rêve brisé par des sifflets contestés en transformant la détresse d'un peuple en une pose photographique. 

Le président de la Fifa n'a pas calmé les "Pharaons", il a simplement tenté de maquiller le tableau d'une injustice par les couleurs de la compassion. 

Dire que le roi est nu, mais le drapeau égyptien reste toujours grand n'est pas un euphémisme.

Sylvestre Wa DONDO 

L'Afrique en marche du 8 juillet 2026 No 1221