Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) prévoit un taux de croissance économique moyen en 2026 contrairement à l'an dernier.

4,2 % de taux de croissance économique pour l'Afrique en 2026, en léger ralentissement par rapport aux 4,4 % de 2025. 

Ces données proviennent du rapport phare sur les Perspectives économiques en Afrique 2026, publié à Brazzaville (République du Congo) lors des 61es Assemblées annuelles de l'institution.

Ce fléchissement s'explique par les chocs exogènes, notamment la crise au Moyen-Orient, la volatilité des marchés financiers et la hausse des prix de l'énergie et des engrais.

Le rapport de la BAD met en évidence de fortes disparités selon les zones géographiques avec des trajectoires économiques régionales contrastées

L'Afrique de l'Est est la  région la plus dynamique du continent avec 5,9 % de croissance.

L'Afrique de l'Ouest présente une performance stable établie à 4,7 %, portée par l'agriculture et les infrastructures.

L'Afrique du Nord connait un recul de la croissance à 4,0 % en raison de la baisse de la demande touristique.

L'Afrique centrale a une  légère amélioration à 3,8 %, avec une croissance économique soutenue par le maintien des prix élevés du pétrole.

L'Afrique australe fermé la marche en retrait avec seulement 2,1 %, avec un taux de croissance économique pénalisé par la baisse de la production minière.

GRAMMAIRE DES DÉFIS 

Malgré une résilience globale où au moins 19 pays africains dépasseront les 5 % de croissance, les assemblées de Brazzaville soulignent des urgences structurelles.

On peut citer le déficit de financement, car  l'Afrique fait face à un manque annuel de près de 400 milliards de dollars pour financer sa transformation économique.

En outre, on a une également une inflation persistante avec un taux d'inflation moyen sur le continent qui devrait rester élevé à 10,4 % en 2026.

Enfin, il faut faire remarquer le piège de la dette. Le coût élevé du refinancement souverain détourne des ressources cruciales destinées au développement.

AGIR SANS TARDER 

Face à ces vents contraires, le président de la BAD, Sidi Ould Tah, et les gouverneurs réunis au Centre international de conférence de Brazzaville prônent un changement de modèle. 

L'accent est mis sur la Nouvelle architecture financière africaine de développement (NAFAD). Ce plan ambitionne de mobiliser l'épargne locale (les fonds de pension africains gérant 4 000 milliards de dollars d'actifs) et de s'appuyer sur la nouvelle Agence africaine de notation de crédit afin de réduire la dépendance aux capitaux extérieurs.

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Ghislain TINDUDU correspondant en RDC  

L'Afrique en marche du 28 mai 2026 No 1190