Lors d'une cérémonie solennelle organisée le 4 février 2026 au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, l'actuel président de l'Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, a rendu un hommage vibrant à son prédécesseur, Me Adrien Houngbédji. Cette célébration, marquée par la présentation d'un ouvrage dédié à la trajectoire politique d'Adrien Houngbédji, a permis de mettre en lumière plusieurs "enseignements" et constats majeurs sur la vie parlementaire béninoise.
Pour Louis Vlavonou, cet hommage n'est pas qu'une simple courtoisie. C'est le premier acte d'une série visant à honorer tous les anciens présidents de l'institution. L'objectif est de puiser dans l'expérience des "pionniers" pour renforcer l'héritage institutionnel du Bénin. L'institutionnalisation de la mémoire parlementaire sonne donc comme une boussole de la reconnaissance d'un parcours exceptionnel.
Les enseignements tirés de la carrière de Maître Houngbédji (premier président du Parlement de l'ère du renouveau démocratique et titulaire du perchoir à trois reprises) portent sur plusieurs éléments d'appréciation. D'abord, il y a la résilience politique. En effet, son parcours de magistrat, avocat et homme d'État lui permet d'assurer la gestion des équilibres. Mieux, le président Vlavonou tient donc à mettre en lumière la capacité de Houngbedji à tenir compte des contextes politiques variés à travers différentes législatures (1ère, 3ème et 7ème). Cette rencontre au sommet sur le site officiel de l'Assemblée nationale et ses anciens dirigeants symbolise une volonté de dialogue intergénérationnel au sein de la classe politique béninoise.
POINT D'ARRIVÉE, POINT DE DÉPART
« La force du Président réside dans l'unité des députés. Un Président de l'Assemblée nationale est fort de la force des députés et faible de leur faiblesse...», rappelait souvent Adrien Houngbédji pour mettre en exergue une leçon de réalisme politique.
Rappelons son élection difficile (42 voix contre 41) contrairement à la position actuelle de Louis Vlavonou, qui dispose d'un soutien plus large. Ce qui est remarquable dans la capacité de gouvernance institutionnelle de Houngbedji et qu'il faut souligner, c'est sa dextérité à surmonter la fragilité des majorités de circonstance. Ces dernières s'évaporent parfois sitôt l'élection passée.
Stanislas KPADÉ
L'Afrique en marche du 6 février 2026 No 1111

