"Le crépuscule des privilèges, l’aurore du devoir : fin du pouvoir spectacle, retour du service public vertueux avec Wadagni", tel est l'intitulé de cette chronique de Alexis AZONWAKIN.
Au sommet de l’État, l’heure de la discipline et de la cohérence a sonné. Et le président de la République, Romuald Wadagni, face à ses ministres conseillers n’est pas allé du dos de la cuillère pour les arrimer au tarif du défi de l’exemplarité, celui de servir sans privilège. C’est donc l’indicateur de performance par lequel, il fixe désormais le cap à ses nouveaux collaborateurs.
La dynamique atmosphérique qui indique la couleur du temps est clairement perceptible avec ce vent frais et nuageux qui semble désormais souffler dans notre pays, pour rendre intelligible, le nouveau serment des serviteurs de l’État : le pouvoir sans arrogance, l’autorité sans abus.
Jamais un discours d’orientation nationale n’a paru aussi limpide pour laisser transparaître qu’au-delà des titres, il y a l’obligation de servir. Et puisque la grandeur d’une fonction ne peut que se mesurer à la qualité du service rendu, la doctrine que le président de la République entend désormais, faire ingurgiter à ses collaborateurs, s’érige sur les fondements de la trilogie : Gouverner, servir, rendre compte.
NOUVEAU SERMENT DES SERVITEURS DE L'ÉTAT
L’acte fondateur du serviteur vertueux est donc posé. Face à ses collaborateurs directs, le vendredi 12 juin 2026 au palais de la Marina, le chef de l’État a réaffirmé une vérité essentielle, parfois oubliée dans les couloirs du pouvoir : la charge publique n’est ni une distinction honorifique, ni une récompense personnelle.
Elle est une mission, un devoir, une forme de sacerdoce républicain au service exclusif de la collectivité nationale. « Nous ne sommes ici que pour servir le Bénin et les Béninois », a-t-il déclaré, résumant en quelques mots, une conception exigeante de l’autorité, qui rejoint la pensée de Jean-Jacques Rousseau dans "Du contrat social" où, le pouvoir politique n’est légitime que parce qu’il procède de la volonté générale et demeure au service de ceux qui l’ont institué.
Gouverner ne signifie donc pas posséder l’État ; il implique plutôt d’en être le gardien provisoire. Le premier magistrat béninois a également élevé la cohérence au rang d’impératif politique. Car les peuples n’évaluent pas les gouvernants à l’abondance des promesses prononcées, mais à la capacité de celles-ci à se traduire en transformations concrètes dans le quotidien des citoyens.
« La confiance du peuple est une responsabilité », a rappelé Romuald Wadagni. Une phrase lourde de sens, qui rappelle que le capital politique le plus précieux d’un dirigeant n’est pas l’autorité qu’il détient, mais la confiance qu’il inspire et l’usage qu’il en fait. En clair, la véritable grandeur d’un responsable se révèle dans son humilité, son sens du devoir et la qualité du service rendu à la Nation.
Le pouvoir véritable se reconnaît dans la discrétion du service, le respect de la dignité humaine et la capacité du détenteur d’une parcelle d’autorité à se souvenir, qu’il demeure avant tout, le serviteur du peuple. Ainsi peut grandir la République.
L’histoire enseigne, en effet, que les grands dirigeants ne sont pas ceux qui ont simplement occupé le pouvoir, mais ceux qui ont donné un sens à son exercice. C’est dans cette même logique, que le président de la République a insisté sur la nécessité d’une attention constante aux citoyens les plus vulnérables. Car la noblesse d’une gouvernance doit se mesurer à sa capacité à tendre la main à ceux que les circonstances sociales rendent plus fragiles.
Une République véritable se reconnaît à sa faculté de faire une place à chacun,
LA RÉPUBLIQUE AVEC LA FACULTÉ DE FAIRE UNE PLACE À CHACUN
Cette conviction rejoint la pensée de Mahatma Gandhi, qui invitait toute action publique à être évaluée à l’aune de son impact sur les plus faibles. Une République véritable se reconnaît à sa faculté de faire une place à chacun, particulièrement à ceux qui disposent de moins de moyens pour défendre leurs intérêts.
L’un des rappels les plus significatifs de cette rencontre demeure sans doute, celui relatif à la nature même de la fonction des ministres conseillers. Ils ne sont pas les ambassadeurs de territoires, de communautés ou de groupes d’intérêts particuliers ; ils sont les serviteurs de la totalité nationale. « Ils ne sont pas là pour représenter une région ou une communauté, mais pour servir l’ensemble du peuple béninois », a insisté le président de la République.
Dans cette affirmation se trouve l’essence même de l’idéal républicain :
l’effacement des appartenances particulières devant la primauté de l’intérêt général. Abraham Lincoln en avait donné une formulation devenue universelle lorsqu’il évoquait : « Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.».
L’autre versant de cette rencontre fut lorsque le président Wadagni a déclaré que : « La campagne est désormais derrière nous. Aujourd’hui, seul le Bénin compte. » En quelques mots, il trace la frontière indispensable entre le temps de la conquête politique et celui de l’exercice de la responsabilité publique. Car la gouvernance exige, le rassemblement des énergies autour d’un destin commun.
A travers cette posture du président Romuald Wadagni, une nouvelle conception de l’État semble s’affirmer : celle où l’autorité cesse d’être un instrument de distinction personnelle pour redevenir une responsabilité au service de tous.
Les temps où certains confondaient la noblesse d’une mission avec les apparats du pouvoir, les sentiments d’impunité, les cortèges précipités et les démonstrations d’autorité sur les citoyens ordinaires, doivent appartenir aux pages révolues de notre histoire, de notre passé honteux !
Le signal est plus qu’éloquent : l’exercice d’une haute fonction n’est pas un passeport pour les privilèges, ni une autorisation à vivre au-dessus des règles communes. L’époque des sirènes hurlantes, des gyrophares transformés en symboles de supériorité, des passe-droits et des excès d’autorité envers les plus modestes est appelée à céder place à la vertu.
Car les honneurs passent, les titres s’effacent. Seule demeure, l’exigence suprême : servir la Nation. Du prestige des charges à l’exigence du service, avec Wadagni le pouvoir retrouve le chemin du devoir !
Enfin, posture va cesser d’être imposture au Bénin. Alléluia !
L'Afrique en marche du 15 juin 2026 No 1203

