L'Editorial de Murielle MENSAH

Dans l'administration béninoise, doit-on craindre un grand bouleversement dès la prise des rênes du pays par Romuald Wadagni, le président élu ?

Une certaine sérénité semble régner dans l'administration béninoise. À l'école de Patrice Talon, Romuald Wadagni pourrait ne pas trop chambouler l'administration publique béninoise dès sa prise de rênes.

En effet, dans l'administration béninoise, on ne craint pas un grand déménagement et on ne redoute pas une chasse aux sorcières.

C'est une première au Bénin depuis le renouveau démocratique où les lendemains d'une nouvelle gouvernance, donnent lieu à une table rase du passé.

MURMURE D'UNE AUBE SANS SÉISME 

Tout porte à croire que Romuald Wadagni, dès sa gouvernance, misera sur la continuité et la force tranquille, laissées en héritage par le gouvernement Talon.

Depuis le renouveau démocratique, avec l'élection de Wadagni, on sera loin des fracas habituels des transitions politiques. Tout porte à croire qu'on aura le murmure d’une aube sans séisme.

Pour une fois, le lendemain de la cérémonie d'investiture n’aura pas le goût de la table rase. 

En effet, là où l’on attendait le fracas des vagues et le séisme des structures, la clarté d’un horizon qui se déploie sans se rompre, sera de mise.

L’administration ne retient pas son souffle; elle respire. Il n’y a plus de murs qui tremblent, seulement des ponts qui se consolident. 

Ce n’est pas le silence de l’incertitude, mais celui d’une machine de précision qui poursuivra sa course, portée par une sérénité nouvelle. 

Il ne peut en être autrement et ce pour plusieurs raisons.

En effet, Romuald Wadagni, sous le parapluie de Patrice Talon, a appris que la force d’un État durant la dernière décennie, ne réside pas dans le chaos du changement, mais dans l’élégance de la continuité. 

Ensuite, Romuald Wadagni, toujours sous le leadership de Patrice Talon, qui a été très peu enclin aux remaniements répétés, ne doit pas recourir à un avenir, qui s'impose non pas par les secousses dans l'administration, mais des perspectives que l'on n'a plus besoin de redouter.

Et à l'école de Patrice Talon, le nouveau président du Bénin, saura tenir compte avec élégance et subtilité des nuances et du rythme pour ne pas trop chambouler l'administration.

L'urne a parlé, mais le décor administratif ne va pas craindre la foudre, le fracas d'un monde qui bascule, mais un ciel, qui gardera un bleu imperturbable. 

Dans les couloirs feutrés de nos institutions, le vent ne va pas souffler. Romuald Wadagni simplement fera tourner les pages d'un même livre.

C’est le temps des chorégraphies silencieuses. Les dossiers ne changeront pas trop de mains, les visages ne glisseront pas trop d’un bureau à l’autre, et les fauteuils ne retrouveront pas assez de nouveaux hôtes.

Avec Wadagni, la structure administrative ne tremblera pas trop. Point de séisme sous les pieds des agents de l'Etat, juste l’écho discret d'une partition que l'on rejoue.

Sous les dorures de l'administration, la continuité va se poursuivre pour prouver qu'à l'école de Patrice Talon, les rôles et la pièce resteront  immuablement les mêmes qu'avec Romuald Wadagni.

L'Afrique en marche du 23 avril 2026 No 1162