L'Editorial de Titus FOLLY
Il a été l'une des moelles épinières de votre site. Dans cet exercice quotidien de L'Editorial du jour devenu rare au profit de ma consœur Murielle, je veux rendre hommage suite au décès d'une figure emblématique de votre site, mais qui dans l'ombre, a su nous accompagner avec une contribution intellectuelle de qualité relative au travail qui se fait depuis cinq ans. Je vais également louer les mérites d'un intellectuel inégalé et grand serviteur de l’État.
Votre site est en deuil. PAPA BERNARD EFFIBOLEY, a été rappelé à l'Eucharistie éternelle. Le défunt est un administrateur civil admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis au moins deux décennies.
COMPASSION...
Si j'ai perdu une boussole morale, j'ai surtout perdu un bâtisseur de l'ombre de votre site.
Alors que le passionné de la version papier du journal que je suis, persistais à m'enfermer et à refuser de voir ce qu'il convient d'appeler un "début de froideur anthologique" de la presse écrite, il a su me permettre de retrouver la chaleur du discernement des inforoutes.
«Certes, la version papier se conserve, mais celle numérique voyage plus dans un monde de plus en plus très connecté.», me répétait-il souvent pour me convaincre de lancer ce site.
Et quand il y a exactement cinq ans, ce site a vu le jour, régulièrement, il m'inspire des pistes de réflexions.
Récemment, il me persuadait de commencer par préparer un dossier sur la guerre en Iran.
Pour lui, Donald Trump ne va pas convoyer son armada dans le Golfe Persique pour faire de la figuration.
Je n'étais pas convaincu, car après les contingences survenues en juin 2025, et à la veille du 250 ème anniversaire de l'indépendance des USA, le président américain ne prendrait pas ce risque.
Au finish, il a eu raison. 72 h après son décès, les frappes de Donald Trump, ont commencé par pleuvoir sur l'Iran.
PAPA EFFIBOLEY savait aussi trouver les mots pour me dissuader. Le 7 décembre dernier, jour de la tentative de coup d'État, il m'a imposé un silence numérique. « Titus, tu n'écris rien ce jour relativement à cette situation pour éviter de répondre d'apologie de coup d'État.».
Ce que j'ai respecté rigoureusement. Beaucoup d'internautes étaient surpris de constater que durant 24 h, aucun l'article n'avait trait à cette tentative de coup d'État.
Sur la distance, il a encore eu raison, car cette assertion continue de déferler sur la République pour demander des comptes à tous ceux qui ont eu des commentaires pour saluer cette tentative de déstabilisation de notre pays
...ÉMERVEILLEMENT POUR RETRACER...
Ce site fait son bonhomme. Et depuis que ce site a été certifié par Google Analitics en 2025, les rapports mensuels, permettent de savoir qui lit quoi et quand.
Et de la restitution des rapports, je découvre PAPA EFFIBOLEY dans un mano à mano avec le président Nicéphore Soglo comme mes proches, mais très illustres internautes de votre site.
Je profite de cet instant pour remercier une fois encore, chacun des internautes de ce site, dans leurs efforts quotidiens de nous faire confiance en dépit de l'info-obésité qui les encercle.
J'ai rencontré PAPA EFFIBOLEY en 1987 alors que j'étais élève au CEG Davié à Porto-Novo. Je fais un clin d'œil à ce célèbre collège de la capitale béninoise, qui dans les rangs de ses élèves, a donné au Bénin, un président de la République.(Suivez mon regard).
Quand j'ai croisé PAPA EFFIBOLEY, c'est grâce à son fils Patrick Effiboley, camarade de promotion. Patrick Effiboley est actuellement professeur à l'Université d'Abomey-Calavi au départ d'histoire et d'archéologie.
PAPA EFFIBOLEY, au-delà de son empreinte d'administrateur d’exception, était un père qui ne se contente pas d’occuper cette fonction familiale dans le sens strictement restreint avec ses enfants. Avec les amis de ses enfants, il habite cette charge avec une noblesse telle qu’il finit par en redéfinir les contours.
... L'HISTOIRE DE CE LIEN
Depuis 1987 jusqu'à son dernier souffle, j'ai gardé contact avec PAPA BERNARD EFFIBOLEY.
Durant ce lien qui a duré près de 40 ans, j'ai profité de ses fulgurances et de son réservoir intellectuel intarissable.
Ce grand commis de l'Etat, cet haut fonctionnaire de l'administration, était de cette lignée rare de tuteurs/conseils.
Pour lui, parler aux amis de ses enfants, est un sacerdoce dédié au bien commun, au nom de l'éducation de l'universel. Et pour ce faire, il possédait ce mélange rare de rigueur et d’humanité profonde pour y parvenir.
Au début de ma carrière, où mon travail d'investigation devrait trancher les dossiers les plus complexes avec une précision chirurgicale, il ne cessait de me conseiller de faire en sorte que mes articles ne soient une sorte de parapheur, mais de prendre en compte une réalité humaine, une vie, un citoyen.
Durant ma carrière, j'ai eu la chance de retourner à mes pénates à Porto-Novo en tant que rédacteur en chef du mémorable quotidien "Adjinakou" sous l'aile de l'une des icônes de la presse béninoise, Soulé Issiaka. Durant quatre ans, j'ai de manière hebdomadaire chez lui pour davantage bénéficier de son écoute attentive.
Rédacteur en chef de ce quotidien qui donnait des "ondes sismiques" aux invétérés délinquants à col blanc, et qui me donnait également des responsabilités, à son école, j'ai su que l'autorité n'a nul besoin de bruit pour s'imposer, car elle émane naturellement de la compétence et de l'intégrité.
PAPA BERNARD EFFIBOLEY s'en va, mais son héritage demeure dans ma mémoire, une mémoire qu'il a huilée de sa sagesse.
Il s'en va après avoir servi l’État avec une abnégation qui honore la République.
Que son repos soit aussi serein que fut son dévouement.
PAPA, que ton repos soit celui du sommeil des justes.
ADIEU PAPA.
L'Afrique en marche du 2 mars 2026 No 1128

