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L'Afrique en marche
Malgré les nombreux atouts, le succès de PI-SPI dépendra de la capacité à surmonter plusieurs défis. Au nombre de ces défis, il y a l'adoption massive et l'appropriation. En effet, il faudra convaincre tous les prestataires (banques, mobile money, microfinance) de se connecter et d’utiliser pleinement la plateforme. Tous ne disposent pas des mêmes capacités techniques. De même, les populations doivent être sensibilisées, formées à l’usage, et rassurées sur la sécurité de PI-SPI. Il faut aussi craindre que l'infrastructure technologique et connectivité, dans certaines zones rurales ou moins d...

Malgré les nombreux atouts, le succès de PI-SPI dépendra de la capacité à surmonter plusieurs défis.

Au nombre de ces défis, il y a l'adoption massive et l'appropriation. En effet, il faudra convaincre tous les prestataires (banques, mobile money, microfinance) de se connecter et d’utiliser pleinement la plateforme. Tous ne disposent pas des mêmes capacités techniques. De même, les populations doivent être sensibilisées, formées à l’usage, et rassurées sur la sécurité de PI-SPI.

Il faut aussi craindre que l'infrastructure technologique et connectivité, dans certaines zones rurales ou moins développées, l’accès Internet, la disponibilité d’électricité stable ou d’équipements fiables ne posent problème. 

Si la plateforme est techniquement performante, les maillons périphériques (utilisateurs finaux, commerçants, prestataires dans les zones reculées) peuvent limiter l’efficacité globale.

PI-SPI doit offrir une sécurité contre la fraude avec l’augmentation des transactions numériques, les risques de fraude, de cyberattaques, d’usurpation, etc., augmentent également. Il faudra que PI-SPI offre un cadre légal et règlementaire solide, des protocoles de sécurité élevés, et une surveillance continue. 

Même si le coût d’implémentation / opérationnel de PI-SPI offre un usage gratuit ou peu coûteux pour le particulier, les prestataires doivent engager des investissements (technologie, système de conformité, support client).

Il doit avoir un modèle économique viable pour les banques / fintechs / mobile money sera essentiel.

L'harmonisation réglementaire fait que tous les États membres de l’UEMOA disposent de règles compatibles pour les paiements, la protection des données, la lutte contre le blanchiment, Etc. Cependant, des divergences nationales pourraient ralentir ou compliquer l’interopérabilité.

En outre, l'accessibilité et inclusion réelle ne suffisent pas pour lancer la plateforme. Encore faut-il que les populations marginalisées aient les moyens matériels (téléphone, réseau), que les frais indirects (coût des données, etc.) ne soient pas prohibitifs. 

Il urge aussi que les services soient utilisables dans les langues locales ou adaptés aux réalités locales.

Enfin, en matière de maintenance, pérennité et évolutivité, PI-SPI devra être maintenue, mise à jour, évoluée pour intégrer de nouveaux services ou usages au fur et à mesure que les technologies ou les besoins changent. Un bon soutien institutionnel et financier est donc requis.


...PERSPECTIVES ET EFFETS ATTENDUS À COURT ET MOYEN TERME 

PI-SPI doit contribuer à baisser les délais de paiement, la réduction des coûts pour les usagers, l'amélioration de la traçabilité, plus grande satisfaction des utilisateurs, premiers gains pour les commerçants, administrations.

À moyen et long terme, cette plateforme doit contribuer à la transformation des habitudes (paiements digitaux vs espèces), au renforcement du commerce intra-régional, à l'émergence de nouveaux produits fintech ou services financiers innovants, l'amélioration de la compétitivité de l’espace UEMOA.

Pour une plus grande efficacité des politiques monétaires de la BCEAO, bien que ce ne soit pas annoncé explicitement comme partie de PI-SPI, certains observateurs le voient comme une évolution logique.

Dès lors, on attend qu'elle valorise l'impact potentiel sur la dynamique monétaire : avec moins de cash et une meilleure interconnexion.

Cela pourrait aussi faciliter le chemin vers d’autres innovations comme une éventuelle monnaie numérique de cette banque centrale. 


Amadou DJERMA


lafriqueenmarche du 12 octobre 2025 No 1025

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